Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
18 juillet 2024 4 18 /07 /juillet /2024 13:14

La recherche du futur Premier ministre français offre un désolant spectacle de clanisme et querelles de chapelle au détriment de l’intérêt général.
Les résultats du 07-07-24 montrent que 80 % des Français n’ont pas voté pour « Ensemble » au 1er tour.
Malgré des efforts en faveur de l’emploi, notre pays compte toujours 6 millions d’inscrits à France Travail (le chômage ne se réduisant pas à la catégorie A), avec un accroissement des inégalités sociales reflété par l’augmentation symétrique du nombre de millionnaires et du nombre de pauvres (10 millions). Cette trajectoire inégalitaire, rejetée par les urnes, ne peut pas durer.
Le modèle du libéralisme non régulé (ou régulé a minima) et même favorisé par l’État (dit « néolibéralisme ») instauré dans les années 90 par Thatcher et Reagan atteint aujourd’hui ses limites. L’économie de marché a bien sûr ses vertus, mais, si elle est insuffisamment régulée, bascule dans des maux supérieurs à ses vertus.
Au-delà des querelles gauche/centre/droite, la France doit, contre le « business as usual », se réorienter vers une plus grande régulation politique de l’économie (ou « keynésianisme »), particulièrement dans quatre domaines :
- La France est aujourd’hui un marché ouvert à tous les vents en Europe, et l’UE est un marché ouvert à tous les vents dans le monde. Les travailleurs français s’y trouvent soumis à la concurrence salariale et sociale des travailleurs de l’Europe de l’Est et de l’autre bout du monde. Sauver nos emplois passera par une plus grande régulation et protection de nos échanges (en porte-à-faux avec le dogme anti-protectionniste de Bruxelles).
- La France s’est laissée désindustrialiser. Nous devons la ré-industrialiser, de manière éclairée, avec un plan volontariste de soutien financier, là aussi en porte-à-faux avec Bruxelles, qui interdit l’aide financière par un pays auprès de ses entreprises.
- Les innovations technologiques réduisent le temps de travail nécessaire à la production du PIB. Les entreprises utilisent aujourd’hui ces gains de productivité pour licencier et augmenter les dividendes. Nous devons intervenir, là encore de façon keynésienne (mais non par une loi globale) pour favoriser le partage du temps de travail là où se trouvent les gains de productivité et dividendes les plus élevés, de façon à ce que la réduction globale du temps de travail ne détruise pas l’emploi.
- Montrons-nous également vigilants aux impacts de l’immigration estudiantine et économique sur le marché du travail français (tout en sanctuarisant bien sûr l’immigration humanitaire et familiale). L’immigration économique est docile, bon marché et profitable pour les employeurs, au détriment des travailleurs français. On constate d’ailleurs que l’immigration en contexte de plein emploi n’est pas problématique du point de vue des classes populaires (le FN n’obtient que 0,75 % au 1er tour de la présidentielle de 1974), mais le devient en contexte de chômage de masse, qui conduit les classes populaires à plébisciter le programme anti-migratoire de l’extrême droite. A minima, pour ne pas être récupérée par l’extrême droite, l’immigration – économique, estudiantine, familiale et humanitaire – doit être exposée, explicitée et justifiée auprès des électeurs (dont 6 millions sont inscrits à France Travail).
La persistance du chômage de masse depuis 40 ans, avec une baisse globale des salaires et traitements de fonctionnaires par rapport à l’évolution du PIB (parce que les employeurs s’y trouvent en position de force pour imposer un moins-disant salarial), conduit la population à la frustration et au ressentiment, particulièrement les populations rurales, peu diplômées et demandeuses d’emploi, qui se sentent – à juste titre – lésées par le système. A contrario, les populations urbaines, diplômées et en emploi (dont fait partie la plupart des responsables politiques nationaux) ne voient les affres du chômage que de façon lointaine, abstraite, sans impact personnel.
Le chômage ne se réduit pas non plus simplement à une baisse des revenus, mais aussi à une perte du sentiment d’identité sociale, susceptible de se transfigurer en identitarisme nationaliste cultivé par le RN. Quoiqu’en pensent les libéraux, l’indemnisation du chômage (quand bien même généreuse) n’est pas suffisante pour le rendre indolore. L’emploi, c’est aussi l’identité sociale, le sentiment d’utilité et d’appartenance à un groupe.
Enfin, le chômage n’est pas qu’une cause directe de vote protestataire : en atteignant 30 % (cat.A) chez les 15-29 ans dans les Quartiers Prioritaires de la Politique de la Ville (QPV), il génère mécaniquement délinquance et criminalité, lesquelles, sur-relayées par les médias par souci de buzz et de profit, suscitent un vote sécuritaire mâtiné de racisme chez des Français en emploi ou retraités dans des campagnes tranquilles.
Notre futur Premier ministre, quel que soit son encartement politique (finalement secondaire), devra venir réguler l’économie de manière volontariste, de façon à éradiquer le chômage de masse, qui est le premier aliment du ressentiment et du vote régressif d’extrême droite.
Question : E. Macron, partisan d’une économie de marché régulée à minima, aura-t-il la capacité de désigner un Premier ministre keynésien ?

 

Quel Premier ministre ?
Partager cet article
Repost0
1 juillet 2024 1 01 /07 /juillet /2024 13:00

Face au péril de l’extrême droite, il est inutile de se lamenter, se scandaliser ou appeler à des rassemblements. Ces gesticulations ne servent à rien et n'empêcheront rien.
Libéraux, républicains et socio-démocrates qui vous indignez de l’extrême droite, qu’avez-vous fait depuis 40 ans pour en combattre les CAUSES ?
Car l’extrême droite n’est pas une bête diabolique surgie de nulle part : elle a des causes et ne se combat pas en s’insurgeant mais en combattant ces causes.
En tout lieu et époque, les courbes de l’extrême droite épousent celles du chômage de masse. Pour quelles raisons ? Parce que le chômage de masse :
- appauvrit directement les demandeurs d’emploi (6 millions en France cat.ABCDE), privés d’une vie normale depuis quatre décennies ;
- tire l’ensemble des salaires des actifs vers le bas, parce que l’employeur se trouve en position de force pour négocier ;
- réduit les recettes publiques (TVA, impôts, cotisations sociales), endette la collectivité et gèle le traitement des fonctionnaires ;
- aiguise les rancœurs à l’égard des travailleurs immigrés, perçus comme une concurrence sur le marché du travail ;
- ruine l’identité socio-professionnelle du travailleur, qu’il va compenser par un identitarisme nationaliste ;
- génère délinquance, violences et insécurité, choux gras de l’extrême droite sécuritaire.
Mille facteurs sociaux et économiques indirects nourrissent l’aigreur, le ressentiment et la recherche de « solutions » simplistes.
Or, pas plus que l’extrême droite le chômage n’est une fatalité. Le courage politique devrait dicter de :
- protéger a minima notre économie des destructions d’emploi face à la concurrence de l’Est de l’UE et de l’Asie ;
- ré-industrialiser le territoire, notamment dans les secteurs d’avenir, en programmant et finançant ces industries par l’État ;
- répartir le temps de travail suite aux gains de production permis par les innovations technologiques (en sachant que la production de notre PIB exigerait aujourd’hui théoriquement 28 ou 29 heures de travail hebdomadaires de la part de chacun des 29 millions de Français de la population active (chômeurs inclus)) ;
- veiller à ce que l’immigration économique (tabou à gauche), bénéfique aux employeurs parce qu’elle est plus docile et moins chère (logique libérale), ne retire pas d’emplois aux travailleurs français.
On pourrait essayer de résumer en disant qu’un libéralisme européen et mondial insuffisamment régulé a généré à la fois chômage de masse et extrême droite en cascade. Les socio-démocrates, intimidés par le tout-libéral des années 90, ont oublié d’être keynésiens – donc oublié d’être de gauche. L’économie de marché insuffisamment régulée génère chômage et inégalités dans une spirale mortifère. Aucune « main invisible » de Smith ne redistribue spontanément le temps de travail face aux gains de productivité. Et l’extrême droite accède au pouvoir parce que le job n’a pas été fait.
Aucun fléau ne surgit ex nihilo. Tout phénomène social ou politique a ses causes, l’extrême droite comme le chômage. Ne manquent que la clairvoyance et le courage pour les soigner à la racine. Ce qu’on appelle normalement la « politique », qui ne se réduit pas à la gestion du « business as usual ».

 

L'extrême droite ne tombe pas du ciel

Partager cet article
Repost0
26 janvier 2024 5 26 /01 /janvier /2024 12:18

Devant la menace RN, créditée d’entre 28 et 30 % des intentions de vote aux élections européennes, l’argumentaire auprès des électeurs peut être certes de rappeler les collusions RN-Poutine, RN-PAC, RN-Mercosur ou les détournements d’argent public, en guise de stratégie à court terme face à l’échéance.
Mais sans perdre de vue que la courbe de l’extrême droite épouse fidèlement celle du chômage de masse depuis 40 ans en France (comme dans l’Allemagne des année 30) et qu’un traitement radical-racinaire de l’extrême droite implique l’éradication de ce chômage, dont se régalent les employeurs pour son potentiel de moins-disant salarial et social.
La lutte racinaire contre l’extrême droite implique donc : 1) un engagement volontariste pour une relative protection de notre économie, 2) sa ré-industrialisation (notamment dans les secteurs d’avenir comme la transition écologique) et 3) un partage du temps de travail ciblé sur les entreprises opérant des gains de productivité (via par exemple une sur-fiscalisation conditionnelle des dividendes).
Trois leviers dont les deux premiers obligent à un assouplissement des règles néolibérales de l’UE, afin de mettre en place un protectionnisme modéré et intelligemment ciblé (comme ne se privent pas de le faire les États-Unis, la Chine, l’Inde ou la Russie, au détriment de nos emplois), un appui de l’État en faveur des secteurs potentiels de ré-industrialisation, et accessoirement une ré-appropriation par les États de l’énergie et des transports (libéralisés avant la prise de conscience du réchauffement climatique) à fin de planification.
Ce syllogisme [Extrême droite vs mesures volontaristes pour l’emploi] devrait dans l’idéal transparaître en clair dans un programme européen – ainsi que dans un programme pour la présidentielle de 2027.
Ceci afin que l’électorat des classes populaires – ouvriers, employés, chômeurs –, aujourd’hui captif des sirènes d’extrême droite, retrouve le chemin d’un programme de progrès social et d’emploi (le second permettant seul le premier).
Ce devrait être aujourd’hui la priorité centrale et cruciale, face à laquelle le reste des sujets devient relativement secondaire.

 

Contre l'extrême droite, le plein emploi!
Partager cet article
Repost0
17 novembre 2023 5 17 /11 /novembre /2023 15:24

Ni le peuple arabe ni le peuple juif ne méritent la guerre. Chacun doit pouvoir vivre en paix et en sécurité jusqu’à la fin des temps.
Cette paix entre Juifs et Arabes favorisera aussi la paix dans le monde.
Elle devra permettre à chaque Juif d’embrasser chaque Arabe comme son frère, car tous deux sont les fils du même dieu en lequel ils croient, même si chaque homme a tendance à se représenter Dieu selon sa propre image.
Ce dieu partagé plébiscite non pas la séparation des peuples mais le partage du territoire, sans exilés ni captifs, d’un côté comme de l’autre, car telle est la vraie justice selon Dieu.

Du duel actuel entre Arabes et Juifs ne naîtra pas spontanément la paix. Le monde, le monde occidental en particulier, responsable de cette situation conflictuelle, devra venir en aide aux deux belligérants pour les aider à trouver ensemble le chemin de la paix.
Oui, le monde occidental, responsable de la 1ère guerre mondiale, du Traité de Versailles, de la crise de 1929, du chômage de masse en Allemagne, du nazisme et de la Shoah, est en partie responsable de la création de l’État d’Israël sur un territoire peuplé d’Arabes musulmans, qui a conduit à la tragédie de la Naqba en 1948 et à la tragédie actuelle.
Ce monde occidental devra légitimement venir participer aux coûts financiers d’une réparation de la Naqba en dédommagement des réfugiés.
Cette démarche de paix initiée par les pays occidentaux, les Juifs et les Arabes, alliera incitation et fermeté, raison et spiritualité, intelligence et sagesse.

En accueillant son frère arabe dans ses bras, en partageant la terre, en se montrant généreux, équitable et magnanime, le peuple juif coupera l’herbe sous le pied des semeurs de haine à son encontre, geste de fraternité qui cultivera également la paix dans le monde.

Les principes de réparation, de liberté, d’égalité et de laïcité, qui doivent nous guider dans notre démarche, sont les quatre piliers de la paix.

Quelles gigantesques sommes d’argent ont été engouffrées par le peuple juif depuis 1948 dans sa défense et dans ses guerres contre les Arabes ! Plus qu’il n’en faudrait pour loger, nourrir, vêtir, soigner et instruire à satiété les deux peuples réunis. De ce faramineux argent perdu, les peuples juif et arabe auraient pu et pourraient encore faire demain de la Palestine un paradis.
Tout arpent de Palestine peut et doit devenir le lieu d’une culture fertile et d’un foyer familial paisible et heureux.
 
La dignité rendue aux Arabes de Palestine rendra la sienne au peuple juif ainsi qu’au monde entier, jusque-là demeuré impassible ou impuissant.

L’esprit éclairé du peuple juif comprendra la nécessité et le bien-fondé de ce geste du cœur pour un destin heureux.

Celui qui croit en Dieu sait que Dieu le regarde et le juge.
Celui qui n’y croit pas sait que l’Histoire et le genre humain le regardent et le jugent.

 

Adresse aux Juifs d'Israël

Address to the Jews of Israel

 

Neither the Arab people nor the Jewish people deserve war. Everyone must be able to live in peace and security until the end of time.
This peace between Jews and Arabs will also promote peace in the world.
It must allow each Jew to embrace each Arab as his brother, because both are sons of the same god in whom they believe, even if each man tends to represent God according to his own image.
This shared god favors not the separation of peoples but the sharing of the territory, without exiles or captives, on one side or the other, because this is true justice according to God.

Peace will not spontaneously arise from the current duel between Arabs and Jews. The world, the Western world in particular, responsible for this conflict situation, will have to come to the aid of the two belligerents to help them find the path to peace together.
Yes, the Western world, responsible for the First World War, the Treaty of Versailles, the crisis of 1929, mass unemployment in Germany, Nazism and the Shoah, is partly responsible for the creation of the State of Israel in a territory populated by Muslim Arabs, which led to the tragedy of the Naqba in 1948 and to the current tragedy.
This Western world must legitimately contribute to the financial costs of repairing the Naqba by compensating the refugees.
This peace process initiated by Western countries, Jews and Arabs, will combine incitement and firmness, reason and spirituality, intelligence and wisdom.

By welcoming its Arab brother in its arms, by sharing the earth, by showing itself generous, equitable and magnanimous, the Jewish people will cut the ground from under the sowers of hatred against them, a gesture of brotherhood which will also cultivate peace in the world.

The principles of reparation, freedom, equality and secularism, which must guide us in our approach, are the four pillars of peace.

What gigantic sums of money have been swallowed up by the Jewish people since 1948 in their defense and in their wars against the Arabs! More than would be needed to house, feed, clothe, care for and educate the two peoples combined to the fullest extent. With this enormous lost money, the Jewish and Arab people could have and could still make Palestine a paradise tomorrow.
Every acre of Palestine can and must become the place of a fertile culture and a peaceful and happy family home.
 
The dignity restored to the Arabs of Palestine will return its dignity to the Jewish people as well as to the entire world, which until now remained impassive or powerless.

The enlightened mind of the Jewish people will understand the necessity and merits of this gesture of the heart for a happy destiny.

He who believes in God knows that God watches him and judges him.
Anyone who does not believe in it knows that History and humankind look at them and judge them.

 

Adresse aux Juifs d'Israël

خطاب إلى يهود إسرائيل

 


لا الشعب العربي ولا الشعب اليهودي يستحق الحرب. ويجب أن يتمكن الجميع من العيش في سلام وأمن حتى نهاية الزمان.
وهذا السلام بين اليهود والعرب سيعزز السلام في العالم أيضًا.
ويجب أن يسمح لكل يهودي أن يحتضن كل عربي كأخ له، لأن كلاهما أبناء نفس الإله الذي يؤمنون به، حتى لو كان كل إنسان يميل إلى تمثيل الله على صورته.
هذا الإله المشترك لا يحبذ الفصل بين الشعوب، بل تقاسم الأراضي، دون منفيين أو أسرى، من جانب أو آخر، لأن هذه هي العدالة الحقيقية حسب الله.

لن ينشأ السلام عفوياً من المبارزة الحالية بين العرب واليهود. سيتعين على العالم، والعالم الغربي على وجه الخصوص، المسؤول عن حالة الصراع هذه، أن يهب لمساعدة الطرفين المتحاربين لمساعدتهما على إيجاد الطريق إلى السلام معًا.
نعم، إن العالم الغربي، المسؤول عن الحرب العالمية الأولى، ومعاهدة فرساي، وأزمة عام 1929، والبطالة الجماعية في ألمانيا، والنازية والمحرقة، مسؤول جزئياً عن إنشاء دولة إسرائيل في منطقة يسكنها مسلمون. العرب، وهو ما أدى إلى مأساة النكبة عام 1948 وإلى المأساة الحالية.
ويجب على هذا العالم الغربي أن يساهم بشكل مشروع في التكاليف المالية لإصلاح النكبة من خلال تعويض اللاجئين.
إن عملية السلام هذه التي بدأتها الدول الغربية، يهوداً وعرباً، ستجمع بين التحريض والحزم، والعقل والروحانية، والذكاء والحكمة.
من خلال الترحيب بأخيه العربي بين ذراعيه، ومن خلال تقاسم الأرض، ومن خلال إظهار نفسه ككرم ومنصف وشهام، فإن الشعب اليهودي سوف يسحب البساط من تحت زارعي الكراهية ضده. إن بادرة الأخوة هذه ستزرع السلام في العالم أيضًا.
إن مبادئ جبر الضرر والحرية والمساواة والعلمانية، التي يجب أن نسترشد بها في نهجنا، هي الركائز الأربع للسلام.

وما هي المبالغ الطائلة التي ابتلعها الشعب اليهودي منذ عام 1948 دفاعاً عن نفسه وفي حروبه ضد العرب! أكثر مما هو مطلوب لإيواء وإطعام وكساء ورعاية وتعليم الشعبين مجتمعين إلى أقصى حد. وبهذه الأموال الهائلة الضائعة، كان بإمكان الشعب اليهودي والعربي أن يجعل من فلسطين جنة الغد، ولا يزال بإمكانه ذلك.
إن كل فدان من فلسطين يمكن، بل ويجب، أن يصبح مكانًا لثقافة خصبة وبيتًا عائليًا مسالمًا وسعيدًا.
 
إن الكرامة التي أعيدت إلى عرب فلسطين ستعيد كرامتها إلى الشعب اليهودي وإلى العالم أجمع، الذي بقي حتى الآن غير متأثر أو عاجز.

إن العقل المستنير للشعب اليهودي سوف يفهم ضرورة ومزايا هذه البادرة القلبية من أجل مصير سعيد.

من يؤمن بالله يعلم أن الله يراقبه ويدينه.
ومن لا يؤمن به يعلم أن التاريخ والبشرية ينظرون إليهم ويحكمون عليهم.

 

Adresse aux Juifs d'Israël

פנייה ליהודי ישראל

 

לא לעם הערבי ולא לעם היהודי מגיע מלחמה. כולם חייבים להיות מסוגלים לחיות בשלום ובביטחון עד קץ הימים.
שלום זה בין יהודים לערבים יקדם גם שלום בעולם.
היא חייבת לאפשר לכל יהודי לחבק כל ערבי כאחיו, כי שניהם בנים לאותו אל בו הם מאמינים, גם אם כל אדם נוטה לייצג את אלוהים על פי צלמו שלו.
האל המשותף הזה לא מעדיף את הפרדת העמים אלא בשיתוף השטח, ללא גולים או שבויים, מצד זה או אחר, כי זהו צדק אמיתי על פי אלוהים.

שלום לא יצמח מאליו מהדו-קרב הנוכחי בין ערבים ליהודים. העולם, העולם המערבי בפרט, האחראי למצב הסכסוך הזה, יצטרך לבוא לעזרת שני המתלהמים כדי לעזור להם למצוא יחד את הדרך לשלום.
כן, העולם המערבי, האחראי למלחמת העולם הראשונה, חוזה ורסאי, משבר 1929, האבטלה ההמונית בגרמניה, הנאציזם והשואה, אחראי חלקית להקמת מדינת ישראל בשטח המאוכלס במוסלמים. ערבים, שהובילו לטרגדיה של הנכבה ב-1948 ולטרגדיה הנוכחית.
העולם המערבי הזה חייב לתרום באופן לגיטימי לעלויות הכספיות של תיקון הנכבה על ידי פיצוי הפליטים.
תהליך השלום הזה שיזמו מדינות המערב, יהודים וערבים, ישלב הסתה ותקיפות, שכל ורוחניות, אינטליגנציה וחוכמה.

על ידי קבלת פני אחיו הערבי בזרועותיו, על ידי שיתוף האדמה, על ידי הצגת עצמו נדיב, שוויוני ונדיב, העם היהודי יחתוך את האדמה מתחת לזורעי השנאה נגדם, מחווה של אחווה שתטפח גם שלום במדינה. עוֹלָם.

עקרונות הפיצוי, החירות, השוויון והחילוניות, שחייבים להנחות אותנו בגישתנו, הם ארבעת עמודי התווך של השלום.

איזה סכומי כסף עצומים בלע העם היהודי מאז 1948 להגנתו ובמלחמותיו נגד הערבים! יותר ממה שנדרש כדי לשכן, להאכיל, להלביש, לטפל ולחנך את שני העמים יחדיו במלואם. עם הכסף האבוד העצום הזה, העם היהודי והערבי יכלו ויכלו להפוך את פלסטין לגן עדן מחר.
כל דונם של פלסטין יכול וחייב להפוך למקום של תרבות פורייה ובית משפחה שליו ומאושר.
 
הכבוד שהוחזר לערביי פלסטין יחזיר את כבודו לעם היהודי וגם לעולם כולו, שעד כה נותר חסר אונים או חסר אונים.

המוח הנאור של העם היהודי יבין את הנחיצות והיתרונות של מחוות הלב הזו למען גורל מאושר.

מי שמאמין באלוהים יודע שאלוהים מתבונן בו ושופט אותו.
כל מי שלא מאמין בזה יודע שההיסטוריה והמין האנושי מסתכלים עליהם ושופטים אותם.

 

Adresse aux Juifs d'Israël
Partager cet article
Repost0
2 août 2023 3 02 /08 /août /2023 13:12

Dans notre république, les citoyens sont égaux. Certains, comme les policiers, portent une arme, parce que le peuple français leur a délégué ce pouvoir pour faire régner l’ordre. Ce pouvoir de porter une arme ne leur a pas été délégué pour en faire usage sur des innocents, sous peine de quoi le contrat civil n’est pas respecté ; il est rompu et le système explose.
Par ailleurs, le fait qu’un citoyen lambda ou un policier se trouve incarcéré pour avoir commis des violences sur une personne est – ni plus ni moins – conforme à la loi. Le contester, c’est rejeter le principe de la loi et de l’État de droit, ce qui est également explosif à terme.
Dans notre contexte social tendu par le chômage de masse, la paupérisation grandissante et l’enrichissement des plus riches, toute violence policière inappropriée et/ou sentiment d’impunité des policiers exacerbe la défiance, la colère et la violence populaires.
Dans ce contexte social, le fait pour la justice d’incarcérer un policier coupable de violences est un message de sécurisation et d’apaisement adressé à la population, pour atténuer sa colère et contribuer à l’ordre.
Inversement, s’indigner de cette incarcération comme l’ont fait le DGPN Frédéric Veaux et le préfet de police de Paris Laurent Nuñez, soutenus par le Ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, accentue le sentiment d’insécurité et la défiance éprouvés par la population à l’encontre des forces de l’ordre, met de l’huile sur le feu et aggrave à terme le désordre social et les violences populaires.
Réflexe corporatiste illégaliste à court terme ; mais erreur inconséquente et irresponsable à moyen et long termes. À l’heure des réseaux sociaux passionnels, réducteurs et court-termistes, même les dirigeants de nos forces de l’ordre ne savent plus réfléchir de façon froide, clairvoyante et rationnelle, ce qui est inquiétant :-/
L’heure n’est pas à juger le policier incriminé – qui n’a pas été incarcéré pour rien – mais à réfléchir aux conséquences sociales des violences policières injustifiées ou, pire encore, de leur impunité. Toute violence policière inappropriée (due à une formation au rabais, des conditions de travail difficiles et un épuisement nerveux ?) nourrit la peur et la colère populaires. Apaiser cette colère invite à minimiser ces violences et, le cas échéant, à les sanctionner avec fermeté. C’est le prix et la condition de l’ordre social.

 

L’ordre social appelle à sanction de policiers fautifs
Partager cet article
Repost0
12 mai 2023 5 12 /05 /mai /2023 14:14
Le nucléaire face au réchauffement climatique

Face au péril climatique, le débat sur le nucléaire ne consiste plus à en soupeser avantages et inconvénients, connus de tous, mais à interroger les possibilités d’énergies renouvelables (EnR) :
- Après sobriété (hypothétique) de 40 %, quel volume d’énergie hydrocarbure nous restera-t-il à décarboner (sur les 87 Mtep/an actuels) ?
- Combien d’éoliennes et de photovoltaïque représente ce volume d’énergie ?
- Quels volumes de ressources (notamment cuivre, mais pas que) nécessiteraient la production de ce volume d’EnR ?
- Quels pays seront en mesure de nous fournir ces ressources, dans un contexte de demande croissante ? À quel prix ? À quel taux volumique (qui ne cesse de décroître) ? Avec quelle consommation et quel type d’énergie pour l’extraction, la fabrication et le transport ? Avec quel impact carbone ? Avec quels impacts polluants sur l’environnement (métaux toxiques, radioactivité) ? Dans quel contexte géopolitique mondial ?
- Par ailleurs, par quels moyens techniques régulera-t-on l’intermittence des EnR pour assurer un réseau électrique stable, capable d’alimenter en continu aciéries, verreries, papeteries, cimenteries, trains, voitures, camions et appareils de chauffage ?
- Quelle sera la surface d’implantation nécessaire à ces EnR ? Avec quel impact sur le paysage ?
- Avec cette question finale : une fois atteint le maximum d’EnR qu’on puisse produire, implanter et réguler sur notre territoire, le volume d’énergie qu’elles produiront répondra-t-il à nos besoins, ou serons-nous condamnés à recourir au nucléaire ?
Tel est aujourd’hui le débat sur le nucléaire face au réchauffement climatique.

RTE (Réseau de Transport d’Électricité), nous dit-on, aurait travaillé sur des scénarios montrant « qu’on peut se passer du nucléaire ».
RTE a en effet esquissé 6 scénarios de mix électrique 2060, dont 3 (M0, M1 et M23) sont censés nous sortir du nucléaire vers 2050 (M0) ou 2060 (M1 et M23).
Or, il convient de rester prudents sur ces perspectives théoriques.
Le rapport RTE précise lui-même « qu’il ne peut exister aucune ambiguïté sur le caractère très ambitieux de tels rythmes, qui dépassent les meilleures performances européennes en la matière, et qui semblent aujourd’hui difficilement atteignables au vu des rythmes constatés et projetés et des difficultés d’acceptabilité des nouveaux projets ». Dit entre les lignes : les scénarios M, théoriques sur papier, seront difficilement applicables dans la réalité.
Comme évoqué plus haut, se posent en effet différentes questions :
- Le mix M0, proposant un total d’énergie de 712 TWh, répondra-t-il aux besoins de la consommation du pays, puisque nos 87 Mtep d’hydrocarbures annuels (soit 1.011 TWh) devront avoir été pour partie réduits par sobriété (40 % ?) et pour l’autre partie transformés en électricité, et qu’ils viendront s’ajouter à nos 459 TWh d’électricité déjà produits et consommés chaque année, ce dans un contexte de gourmandise énergétique croissante (et insatiable) des Français ? Nous consommons aujourd’hui 459 + 1.011 = 1.470 TWh d’énergie électrique et hydrocarbure : quid d’un horizon 2050 à 712 TWh ? On peut être sceptique, et à tout le moins prudent sur l’adéquation de ce volume à nos besoins futurs.
- Les capacités de régulation (‘flexibilité’) de l’intermittence des EnR sont prévues par RTE à hauteur de 117 GW, dont 29 GW de « nouveau thermique décarboné » et 26 GW de batteries. Or, si ce « nouveau thermique décarboné » consiste en biocarburant, quel en sera l’impact sur les surfaces agricoles alimentaires, ce dans un contexte de sécheresse accrue ? S’il s’agit d’hydrogène vert, avec quel volume d’électricité sera-t-il produit (en en prenant en compte la perte énergétique) ? Quel sera par ailleurs l’impact ressourciel et environnemental de la production de batteries à hauteur de 26 GW ? RTE note d’ailleurs que ce ‘thermique décarboné’ « deviendra massif – donc coûteux – si l’on tend vers 100% d’EnR » (lire entre les lignes : financièrement inaccessible).
- Un développement massif d’EnR soulève un problème d’implantation géographique au détriment du paysage et d’activités diverses : « Le développement des énergies renouvelables soulève un enjeu d’occupation de l’espace et de limitation des usages », prévient RTE.
- Un développement massif d’EnR impliquera une extraction massive de minerai (principalement cuivre) avec un coût énergétique exponentiel à cause de la baisse constante des taux volumiques.
- Cette extraction de minerais aura également un impact toxique sur l’environnement. L’extraction du cuivre ou tout autre métal rejette dans l’environnement des métaux indésirables et létaux (plomb, arsenic, mercure, cadmium, antimoine). L’extraction d’une tonne de néodyme pour les éoliennes offshore génère par ailleurs 350.000m3 de gaz radioactifs, 2.600m3 d’eau acide et une tonne de déchets radioactifs. Connaissant l’homme, il est capable de se ruer sur les « EnR-miracles » en polluant la terre plus encore que ne le font les hydrocarbures ou le nucléaire – et de ne s’en apercevoir que dans un siècle.
- La demande croissante des pays développés en minerais pour les EnR en fera monter les prix sur le marché et génèrera des tensions géopolitiques.
Même si RTE note que « l’économie de la transition énergétique peut générer des tensions sur l’approvisionnement en ressources minérales, particulièrement pour certains métaux, qu’il sera nécessaire d’anticiper », ses scénarios se contentent d’être théoriques, sans en prendre en compte les contingences ressourcielles, environnementales et géopolitiques des décennies qui viennent.
Il convient donc de rester prudents sur la faisabilité des scénarios M au-delà de leur conception théorique (sollicitée par les mouvements anti-nucléaires).
Dans ses conclusions, le rapport RTE mentionne que « pour 2030, développer les énergies renouvelables matures le plus rapidement possible et prolonger les réacteurs nucléaires existants dans une logique de maximisation de la production bas-carbone augmente les chances d’atteindre la cible du nouveau paquet européen » et que « construire de nouveaux réacteurs nucléaires est pertinent du point de vue économique, a fortiori quand cela permet de conserver un parc d’une quarantaine de GW en 2050 (nucléaire existant et nouveau nucléaire) ».
En conclusion, ne nous empressons pas de faire dire à RTE ce qu’il ne dit pas, en l’occurrence qu’on pourrait « se passer du nucléaire ».
Ce qui est certain, c’est que le combat antinucléaire dans l’objectif d’une minimisation de la part du nucléaire dans le futur mix énergétique doit dépasser les slogans traditionnels « nucléaire = danger » et impose de se saisir de ces questions techniques complexes et de les travailler et maîtriser en profondeur, tout particulièrement celles de la régulation de l’intermittence, des capacités ressourcielles et de leur coût énergétique, financier et environnemental.
Face au réchauffement climatique, le combat antinucléaire doit se métamorphoser.

 

Partager cet article
Repost0
30 décembre 2022 5 30 /12 /décembre /2022 11:20

Il existe en France un problème d’insuffisance de médecins généralistes ou spécialistes et de leur mauvaise répartition sur le territoire, dont il résulte des « déserts médicaux » et l’impossibilité pour certains Français d’accéder à un médecin, dont l’agenda est saturé, quand sa patientèle n’est tout simplement pas « verrouillée », interdite à tout nouveau patient.
On compte 318 médecins pour 100.000 habitants en 2021, contre 326 en 2012. Cette baisse, accentuée par l’accès au 3ème âge depuis 2010 de la génération du baby-boom, plus consommatrice de soins que les autres tranches d’âge, produit une baisse sensible de la « densité médicale standardisée » (offre médicale par rapport à la demande). 6 millions de Français n’ont ainsi pas de médecin traitant. Cette situation continuera de se dégrader jusqu’en 2028.
Les médecins sont par ailleurs inégalement répartis sur le territoire, plus présents en Île-de-France, PACA, Alsace ou Bretagne, dans des régions offrant pour eux de meilleures conditions d’environnement, de loisirs ou de services. On trouve ainsi 354 médecins pour 100.000 habitants en IDF contre 241 en région Centre. Cette dysharmonie est encore plus marquée pour les spécialistes que pour les généralistes. 40 départements se trouvent sous le seuil critique de 40 spécialistes pour 100.000 habitants.
Quelles sont les causes de ces sous-effectifs et mauvaise répartition ?
La France n’a pas suffisamment produit de médecins depuis les années 1980. Pourquoi ? Les chocs pétroliers de 1973 et 1979 ont fragilisé l’économie, créé du chômage, provoqué un « trou de la Sécu » (un chômeur ne cotise pas, ou moins), invité à réduire les dépenses de santé, donc le nombre de médecins, et conduit à l’instauration d’un « numerus clausus » en 2ème année de médecine, se réduisant d’année en année : depuis 8.280 étudiants en 1978 jusque 3.500 en 1993.
Le « papy-boom », accès des baby-boomers au 3ème âge depuis 2010, n’a par ailleurs pas seulement fait gonfler la demande de santé mais également conduit un nombre élevé de médecin à la retraite, de telle sorte que depuis 2020 plus de médecins partent en retraite qu’il n’en entre en formation. Ce pourquoi la « densité médicale standardisée » chute.
Ensuite, pourquoi les médecins sont-ils mal répartis sur le territoire ? Parce que leur lieu d’installation est libre, à la différence d’autres professions de santé comme les infirmiers, sages-femmes ou kinésithérapeutes, incités à s’installer en territoire déficitaire par une modulation du conventionnement de remboursement.
L’origine sociale favorisée – et donc urbaine (90 % des CSP+ habitent en zone urbaine ou rurbaine) – des étudiants en médecine les incite par ailleurs à s’installer plutôt en ville qu’à la campagne. Inversement, seuls les 2 % d’étudiants issus d’agriculteurs trouvent naturel de s’installer à la campagne.
Quel horizon ? L’insuffisance du nombre de médecins s’estompera à partir de 2030, parce que le numerus clausus a été relevé dans les années 1990, puis supprimé en 2020 et remplacé par un « numerus apertus », un quota minimum défini par chaque faculté selon les besoins du territoire, avec pour effet immédiat en 2021 une augmentation de 20 % des admissions en 2ème année. L’équilibre est attendu pour 2033, avec une augmentation des effectifs de 37 % pour 2050.
En attendant, comment pallier l’urgence ?
D’abord en déléguant certaines compétences médicales (injection d’un vaccin, délivrance d’un test…) à des infirmières, sages-femmes ou assistants médicaux, libérant d’autant l’emploi du temps du médecin.
Ensuite en restreignant la liberté géographique d’installation des médecins, mais laquelle mesure se heurte à la farouche opposition de l’Ordre des médecins, une opposition de blocage qui interroge la question de l’autorité politique.

 

Evolution du numerus clausus et disparité géographique des médecins

Evolution du numerus clausus et disparité géographique des médecins

Partager cet article
Repost0
16 décembre 2022 5 16 /12 /décembre /2022 15:16

Adam Smith (1723-1790) est connu pour sa « main invisible » censée réguler spontanément les prix dans une économie de marché sans monopole, ce qui l’amène parfois à se trouver revendiqué par les tenants d’une économie non régulée.
C’est oublier que l’économiste recommanda par ailleurs :
- à l’État et à la société de se méfier des capitalistes, obnubilés par leurs profits ;
- une protection par l’État des salariés, moins bien placés que les employeurs dans les négociations de salaire et de condition de travail ;
- de tempérer et juguler la part des revenus du capital par rapport à celle du travail ;
- d’éradiquer les bas salaires, nocifs pour l’économie et la société.
« Aucune société ne peut prospérer et être heureuse dans laquelle la plus grande partie des travailleurs est pauvre et misérable ».
Adam Smith se révèle donc moins libéral – et encore moins ultra-libéral – que social-démocrate partisan d’une économie de marché correctement régulée.

 

Adam Smith libéral ?
Partager cet article
Repost0
15 décembre 2022 4 15 /12 /décembre /2022 15:11

Une « économie de marché » est censée mettre la production de l’entreprise (offre) au service des besoins des gens (demande). Or, note JK Galbraith dans « L’ère de l’opulence » (1958), la publicité fausse ce mécanisme en une « filière inversée », par laquelle l’entreprise crée un désir chez le consommateur, dicte ce dont il aurait « besoin » et le lui fournit – au prix d’une surconsommation globale de ressources et d’énergie.
Dans cette économie pervertie, la production ne sert plus à réduire les besoins des gens, mais en crée sans cesse de nouveaux, futiles, comme fin en soi au bénéfice de la « croissance » et des profits, donnant naissance à la société de (sur)consommation que nous connaissons.
Idem pour l’alimentation : « Là où la population était censée faire pression sur l’offre alimentaire, c’est désormais l’offre alimentaire qui fait pression sur la population ».
Une déviance économique que devra considérer et traiter toute politique de lutte contre le gaspillage des ressources et de l’énergie, lequel aggrave le réchauffement climatique.
La publicité fait surconsommer le citoyen et surchauffer la planète.

 

John Kenneth Galbraith, The Affluent Society, 1958

John Kenneth Galbraith, The Affluent Society, 1958

Partager cet article
Repost0
13 avril 2022 3 13 /04 /avril /2022 15:04

Une extrême droite à 30 % n’est pas l’état normal d’une démocratie mais le signe d’une pathologie et d’une souffrance sociale, qu’on guérira, comme toute maladie, non pas en s’indignant ou en brassant de l’air mais en agissant sur les causes.
Dans l’Allemagne des années 1930, la courbe du NSDAP épouse celle du chômage.
Pourquoi ? Parce que le chômage met en souffrance, dévalorise, déclasse, déprime, désocialise, appauvrit, insécurise, aigrit, recroqueville et rend nationaliste et xénophobe.
On observe la même corrélation chômage / extrême droite en France depuis 1975.
Un chômeur ne vote évidemment pas forcément RN et un électeur RN n’est pas forcément chômeur (il peut être cadre retraité dans un village paisible) ; c’est un état général de paupérisation et d’insécurisation sociale qui pousse l’électorat vers un extrémisme régressif. Une société de plein emploi ne connaît pas d’extrême droite.
Au-delà des chiffres officiels se cantonnant à la catégorie A et sous-estimant le phénomène, nous parlons de 6,67 millions de chômeurs (toutes catégories, A, B, C, D et E) en 2021, soit 22,6 % d’une population active de 29,5 M, cela sans compter les temps partiels contraints, qui dégradent également les existences.
Le chômage, qui nuit évidemment d’abord au chômeur, fait également baisser l’ensemble des salaires au bénéfice des dividendes, asphyxie la consommation, la TVA et – donc – les recettes, dépenses et services publics.
Éradiquer l’extrême droite implique d’éradiquer le chômage.

 

Eradiquer l'extrême droite
Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Christophe Chomant - Social-Démocratie
  • : Actualités politiques du militant social-démocrate Christophe Chomant
  • Contact

Recherche

Archives