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5 août 2018 7 05 /08 /août /2018 14:14

Israël et ses voisins vivent en guerre depuis 70 ans. L’opinion publique mondiale et Israël elle-même s’accommodent de ce que l’on considère comme une sorte de « fatalité », figée et entretenue par un sentiment de culpabilité occidental et un victimisme israélien.
Au-delà de leurs « justifications », les opérations successives d’Israël contre le Liban et Gaza (Liban 1982, Intifadas 1987 et 2000, Pluie d’été 2006, Liban 2006, Plomb durci 2008-2009, Pilier de défense 2012, Bordure protectrice 2014, Jour du retour 2018) ont tué plus de 5.000 civils arabes innocents et causé d’innombrables destructions d’infrastructures, accentuant la haine des Arabes contre Israël, offrant des arguments en or à l’anti-israélisme de l’Iran, du Hamas ou du Hezbollah, et alimentant un néo-antisémitisme arabe dans les banlieues d’Europe.
Tsahal est l’armée la plus coûteuse au monde par habitant – 6,5 % du PIB, 18,6 milliards $ en 2015, soit 2.190 $ par habitant. Rapportées aux 70 ans de l’État hébreux, ces dépenses représentent un total de plus de 1.300 milliards de dollars et 153.300 $ par habitant depuis 1948. Une somme astronomique. Autant d’argent de perdu par les Israéliens au détriment d’autres investissements bien plus utiles – logement, agriculture, éducation, loisirs… – et qui plombe le développement d’Israël. Les conflits frontaliers sont un gouffre financier pour Israël et le peuple juif.
Or, quels sont les ressorts originels de cette situation catastrophique ?
Pourtant responsables de la crise de 1929, du nazisme et de la Shoah, les pays occidentaux se sont exonérés à bon compte de l’établissement de millions de Juifs en Palestine après la 2ème guerre mondiale. Ils se sont lavés les mains, notamment, du dédommagement des Arabes pour leurs biens perdus lors de l’exode d’avril 1948, cause originelle et argument récurrent d’un état de guerre arabe permanent contre Israël. Les propriétés de 700.000 Arabes n’ont simplement pas été achetées mais « cédées » gratuitement. Les pays occidentaux, pourtant intéressés par la paix et la stabilité au Moyen-Orient, se sont, depuis la Déclaration Balfour et les accords Sykes-Picot jusque l’exode post-Shoah, délestés de la question juive sans s’en acquitter du moindre coût.
Or, comment équilibrer un exercice s’il lui manque des recettes ? Comment résoudre une équation s’il lui manque une donnée ?
Un « Fonds mondial d’indemnisation de la Naqba », alimenté par les pays occidentaux d’exode juif (Europe, États-Unis, Russie), trouverait bénéfice à proposer à chaque famille arabe « réfugiée » une somme de 100.000 $, non pas sous forme de cash (qui pourrait être détourné à des fins militaires), mais de l’achat d’un bien immobilier dans tout pays arabe d’accueil depuis le Maroc jusque l’Irak, associé à un renoncement écrit au droit au retour (ainsi qu’au statut de « réfugié »). Dans un principe d’équité, la même offre serait proposée aux Arabes de Cisjordanie et d’Israël.
Le monde occidental financerait (enfin) dignement le déplacement – volontaire ou contraint – de familles arabes pour l’établissement de l’État d’Israël il y a 70 ans.
Ainsi les Arabes victimes de la Naqba en 1948 se sentiraient-ils enfin reconnus dans leur malheur, respectés dans leur dignité et dédommagés pour leur dépossession. De là, les motifs de ressentiment à l’égard d’Israël dans le monde arabe se dissoudraient en cascade, les ennemis d’Israël se retrouveraient avec l’herbe coupée sous le pied, sans carburant ni arguments, et Israël pourrait enfin – peu à peu, de façon progressive – jouir d’une paix stable et pérenne, pour le plus grand bénéfice du niveau de vie des Israéliens.
L’état de guerre en Israël est-il une fatalité ? Il est assurément meurtrier pour les civils arabes, et ruineux financièrement pour le peuple juif.
Quand le nœud d’un problème semble inextricable, ne convient-il pas d’en remonter le fil jusqu’à la source ?

Christophe Chomant

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30 avril 2016 6 30 /04 /avril /2016 13:27

Juifs et Arabes ont, les uns et les autres, droit à la paix.
Cette paix entre eux rejaillira positivement sur la paix de l’ensemble du monde.
Deux peuples qui se querellent sur le même sol sont comme deux enfants qui se chamaillent : ils ne peuvent se séparer seuls.
Le monde occidental réparera la Naqba, dont il est le responsable originel. Cette réparation de la blessure originelle, parce qu’elle pansera la blessure des Arabes, est l’une des premières conditions de la paix.
L’autorité qui mènera cette réconciliation fera preuve à la fois d’incitation et de coercition, de rationalité et de spiritualité, d’intelligence et de sagesse.
Juifs et Arabes s’imaginent deux dieux différents. Or ces deux dieux sont un seul et même dieu, unique.
Ce dieu, qui est juste et égalitaire, veut non pas la séparation des peuples par des murs, mais le libre partage du même sol par les deux peuples, sans prisonniers ni exilés.
En offrant et en partageant avec son frère arabe, en se montrant généreux, équitable et magnanime, en lui accordant les mêmes droits, le même sol et la même liberté de circuler, le peuple juif coupera l’herbe sous le pied des voix de haine – arabes comme non arabes – qui s’élèvent au sein même d’Israël, autour d’Israël et dans le monde entier. Les Juifs feront des Arabes et d’eux-mêmes des citoyens égaux et libres sur l’ensemble du territoire de Palestine-Israël. Par ce geste de clémence et de fraternité, le peuple juif fera germer la paix.
Égalité des droits, liberté de circulation, laïcité et réparation de la blessure originelle sont les quatre piliers de paix de la future grande Palestine-Israël souhaitée par Dieu.
Ainsi, le Juif embrassera et aimera l’Arabe comme son égal, car tous deux sont fils du même dieu – ou de la même nature. Ils sont cousins, et pour ainsi dire comme frères.
Dans cette paix retrouvée, Tsahal cessera d’être un gouffre ruineux pour le peuple juif. L’argent économisé nourrira la prospérité d’Eretz-Beit, la grande maison de Palestine-Israël.
Dans cette paix retrouvée, le moindre arpent de terre redeviendra fertile et nourricier pour toutes les bouches à nourrir, juives et arabes. Ni Juif ni Arabe ne sera plus pauvre ni affamé.
La dignité retrouvée des Palestiniens rendra sa propre dignité au peuple juif. Ces deux dignités ressuscitées rendront à leur tour sa propre dignité au monde occidental, responsable de la Shoah et de la Naqba.
Par son esprit élevé, le peuple juif acceptera ce projet de partage inspiré par le cœur et par la raison. Il y verra son propre intérêt. Comme il saura voir inversement que la souffrance et la guerre éternelles causeront son malheur. Contre tout fatalisme ou victimisation, le peuple juif doit se désenchaîner de son propre malheur et cultiver la paix.
Dans cette construction de la future grande maison de paix, Dieu regarde le peuple juif et le juge.

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28 février 2015 6 28 /02 /février /2015 16:23

En 1945 à Sétif, en Algérie française, lors des manifestations de joie pour la Libération, un policier tua un jeune Algérien qui brandissait un drapeau de son pays. Par vengeance, des Algériens tuèrent cent colons français. À leur tour, par représailles, l'armée française et les colons tuèrent dix mille Algériens. Le Général Duval, chargé de la répression, rétablit l’ordre. Mais il prévint : la paix retrouvée ne serait durable que si l'Algérie française renonçait au racisme, aux brimades et à l'apartheid contre les Algériens. Les pieds-noirs, sûrs de leur supériorité sur les Arabes, cramponnés à leurs privilèges et accrochés à une terre qu’ils croyaient la leur, ne l’entendirent pas ; racisme, brimades et apartheid se poursuivirent en toute insouciance. En 1962, au terme d’une guerre sanglante, les pieds-noirs, qui détenaient pourtant le pouvoir absolu sur tous les pans de la société (administration, justice, école, armée, police, médias), se trouvèrent jetés à la mer. À leur grande surprise.
Que les Juifs d’Israël entendent la leçon ! Plus les Juifs israéliens persistent à maltraiter les Palestiniens, à ne pas les considérer comme leurs égaux, plus ils accroissent la probabilité de se trouver un jour anéantis. Laïcité, égalité des droits et liberté de circulation en Palestine-Israël aujourd’hui ! Pour le propre salut des Juifs d’Israël demain !


Christophe Chomant

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28 février 2015 6 28 /02 /février /2015 16:20

Dans les années 1960, quinze ans après la Shoah, j'ai été élevé par ma mère dans l'esprit d'un sionisme idéaliste, fraternel et pacifiste, avec le culte du kibboutz et la photo de Golda Meïr accrochée au mur. Ce que je vois aujourd'hui – mépris, brimades et massacre de Palestiniens par Israël – me fait honte et me met en colère. La droite israélienne n'est pas seulement bête et brutale mais encore aveugle : si les Palestiniens ne sont pas dûment indemnisés aujourd'hui pour la Naqba et intégrés dans une société laïque et égalitaire, alors Israël finir tôt ou tard par être rayée de la carte, et les Juifs jetés à la mer, comme le furent les pieds-noirs d'Algérie en 1962. Qui eut dit en 1945, lors des massacres de Sétif et Guelma, que les pieds-noirs seraient jetés à la mer dix-sept ans plus tard ? L'Algérie française était sûre d'elle ; elle a finalement perdu. De la même façon, la confiscation et l'occupation de la Palestine par la force et la violence est une impasse, une voie sans issue, qui ne peut déboucher sur aucune solution pacifique durable. On ne chasse pas impunément et durablement des gens de leur pays, de leurs maison, de leurs terres ; l'Histoire le démontre depuis des millénaires. La création d’un État religieux et inégalitaire fut une erreur. Il eut fallut instaurer d’emblée un État laïc égalitaire et pluriethnique, dans le prolongement de la Palestine pacifique du 19ème siècle, et au sein duquel les Juifs d’Europe seraient venus acquérir des biens de façon légale. La place des Juifs aujourd'hui est soit dans la diaspora, soit comme des égaux des Palestiniens parmi eux ; pas comme des maîtres absolus régnant sur un territoire confisqué au nom de « Dieu ». Simplement parce que ce territoire était déjà peuplé avant 1948 ; et que par ailleurs Dieu n'existe pas.


Christophe Chomant

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11 juillet 2014 5 11 /07 /juillet /2014 11:03

Trois jeunes Juifs retrouvés morts, un adolescent palestinien enlevé par des fascistes juifs et brûlé vif (l'autopsie a révélé des traces de suie dans ses poumons)... et voici rallumée la guerre sans fin - depuis 1948 - entre Palestiniens et Sémites.

Pourquoi cette guerre, pourquoi cette violence?

Citoyens de première et seconde catégories; Expropriés cloîtrés dans des ghettos; brimades, persécutions, privations; passeports intérieurs, checks-points, mur ségrégationniste; arrestations, interrogatoires, passages à tabac et emprisonnements arbitraires; vergers brûlés ou coupés à la souche; familles séparées; épuration ethniques; colonies de peuplement pour la "race élue"...

Allemagne nazie? Apartheid sud-africain? Non: Palestine-Israël aujourd'hui. Un ségrégationnisme ethnique et religieux psychopathe qui ne mène nulle part - nulle part ailleurs qu'à une guerre sans fin. L'Israël actuelle est un cauchemar en regard de nos rêves sionistes pacifistes de l'après-Shoah. L'une des situations politiques les plus honteuses du globe.

Où est donc passée la formidable capacité des Juifs à inventer des solutions intelligentes? Le QI se divise-t-il avec le nombre? Avec la religion?

Comment en est-on arrivé là? Comment en sortir? Les deux questions sont jumelles.

Remontons le film:

- 1917 : Lord Balfour, Goy britannique, promet à Lord Rotschild, Juif britannique, l'établissement d'un foyer national juif en Palestine;

- 1948 : est déclarée la création d'un Etat national et religieux juif sur le territoire de Palestine, avec la complaisance et la bonne conscience des Etats d'Occident. C'est la "Naqba" : les Palestistiniens - hommes, femmes, enfants - sont chassés de leur maison, canon de fusil dans le dos.

- 9 avril 1948 : 254 habitants du village de Deir Yasin sont massacrés froidement et méthodiquement, comme à Oradour-sur-Glane, par les commandos juifs Stern et Irgoun. Terrorisés, 750.000 Palestiniens fuient leur propre pays. La logique de terreur, d'oppression et de ségrégation qui conduit à l'impasse actuelle est enclenchée.

Comment sortir aujourd'hui de ce piège? Tentons un peu d'audace et d'imagination:

- 1ère phase : dédommagement des Palestiniens pour la Naqba, par un fonds alimenté par les pays d'émigration juive, d'un montant conséquent. Parce que les pays d'Alya sont en partie responsables de la situation. Pour que l'argent répare expropriations, injustices et rancoeurs.

- 2ème phase : établissement de l'égalité des droits entre les citoyens sur l'ensemble du territoire Palestine-Israël;

- 3ème phase : transformation de l'Etat religieux d'Israël en un Etat laïque, pluri-ethnique et multiconfessionnel de "Palestine-Israël". Fusion des drapeaux juif et palestinien.

- 4ème phase : abolition des frontières intérieures, suppression des checks-points, destruction du mur. Poursuite et sanction ferme des Juifs coupables de brimades, persécutions ou destructions à l'égard des Palestiniens.

- 5ème phase : droit au retour pour les cinq millions de descendants des exilés palestiniens.

Pour qu'en somme soit (ré)établi ce principe moral et politique simple: les Juifs ont le droit de s'établir en Palestine; pas d'en chasser ses habitants. Pour que toute rancoeur et haine de l'ensemble des Arabes à l'égard des juifs se trouve dissoute par la réparation. Parce qu'il n'est jamais trop tard pour réparer.

Une grande partie des Juifs - nationalistes et religieux - jugeront de telles perspectives inimaginables, inconcevables et inacceptables, pour ne pas dire scandaleuses et provocatrices. Elles sont pourtant les seules issues vers une paix et une sécurité durables pour le peuple juif. Lequel, après deux mille ans de persécutions et la Shoah, le mérite bien.

Partager avec son frère, dans l'égalité et la dignité : si Yahvé existe, recommanderait-il autre chose à son peuple...?

 

Christophe Chomant, 10 juillet 2014

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27 avril 2013 6 27 /04 /avril /2013 21:04

La paix en Israël-Palestine ne pourra pas venir de l’intérieur : les Juifs sont trop arc-boutés sur leur sentiment de communauté fermée et d’élection divine ; les Palestiniens, trop arc-boutés sur leur ressentiment de la Naqba. Seul un élément extérieur sera en mesure de débloquer la situation.
Aux Juifs, il nous faut dire : non, vous n’êtes pas abonnés à la Shoah et à la malédiction ! Sortez de votre statut de victime ! Vous avez droit à la paix, à la dignité et à la sécurité pour l’éternité.
Pour cela, il vous faudra certes payer un prix : cohabiter sur le même sol avec vos frères arabes.
Le monde peut vous venir en aide : en collectant un fonds mondial auprès des pays d’Alyah pour indemniser de la Naqba les Palestiniens.
Il ne vous restera plus alors qu’à accomplir un dernier effort : considérer que les Arabes sont vos frères, membres tout comme vous de l’espèce homo sapiens sapiens, et avec lesquels vous partagerez le grand pays d’Israël-Palestine, État d’égalité de droit, laïque, multiconfessionnel et pluriethnique.
Il n’y a pas de fatalité ; il y a une voie.
Le monde vous aidera ; vous vous aiderez vous-mêmes...
Dieu vous regardera.

Chr. Chomant, 27-04-2013

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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 13:13

Il y a trois mille ans, la tribu d’Abraham passa en Canaan sans y être née. D’autres hommes avant son passage y étaient nés. D’autres hommes ensuite y naquirent et y restèrent.

En 1945, les Juifs, martyrisés et décimés, eurent besoin d’une terre pour y vivre en paix et en sécurité. La Palestine fut leur destination, leur choix. Mais à ne pas vouloir partager cette terre avec leurs occupants, ils ont tué des hommes, en ont fait des captifs sur leur propre sol ou des exilés sur d’autres terres. De telle sorte qu’aujourd’hui ils sont en guerre avec leurs voisins et avec leurs frères.

Dire le vrai n’est pas juger mais éclairer pour mieux pouvoir guérir.

S’agit-il d’une question religieuse ? Il n’y a pas deux dieux ; s’il existe, Dieu est un. Le dieu de l’autre ne peut être que son propre dieu à la fois. Les différences de religion ne sont donc pas de vraies raisons mais des prétextes.

La haine et la guerre ne sont pas des fatalités. Le peuple juif mérite de vivre en paix.

Les nations du monde entier souhaitent l’instauration de cette paix, parce que tant que tous les hommes ne sont pas en paix, l’être humain ne sera pas en paix.

Israël a été donnée par les Occidentaux sur un territoire habité par les Palestiniens. La solution ne sera donc apportée ni par des Juifs ni par des Palestiniens mais par des Occidentaux. Ces Occidentaux, juges et conseillers, apporteront la justice, consistant en la réparation financière des spoliations de la Naqba infligées aux Palestiniens. De la réparation de ce motif originel, et d'elle seulement, pourra naître la paix entre les deux peuples.

Les Juifs, de leur côté, achèteront et obtiendront la paix qui leur est promise depuis deux mille ans en partageant la terre avec leurs frères, à égalité de droit et de dignité, sans barrière religieuse ni ethnique. Parce que l’Homme, homo sapiens sapiens, est Un.

Le processus de paix conjuguera sagesse et intelligence, recommandation et fermeté, rationalité et élévation d’esprit. Il ne sera pas démagogue et ne promettra pas tout à tout le monde. Il ne sera pas injuste et ne laissera pas une partie pour compte. Il invitera à partager, en bonne intelligence. Chaque peuple dépassera ses dogmes et préjugés, dont il devra sacrifier certains – à commencer par celui d’un État religieux, qui est source de séparatisme. Chacun donnera pour recevoir.

Certes, ce processus de justice et de partage sera une épreuve pour le peuple juif, qui devra se montrer généreux, équitable et magnanime à l’égard de son frère – épreuve pour laquelle il est regardé. Mais ce faisant, le peuple juif neutralisera et fera taire les voix haineuses ici et là, à l’intérieur et à l’extérieur des frontières de Palestine-Israël, ce qui lui permettra de vivre en paix jusqu’à la fin des temps.

Toutes les nations impliquées dans l’Alya depuis 1917 jusqu’aujourd’hui participeront à la résolution financière de l’injustice et du conflit, dont elles comprendront la légitimité, le bien-fondé et l’intérêt pour la communauté mondiale.

Lorsque l’injustice sera réparée, la paix et le respect mutuel règneront entre les deux communautés, sur une même terre libérée des dogmes religieux et ethniques séparatistes.

Tsahal n’aura plus de raison d’être et n’aura plus ce coût exorbitant pour le peuple juif, dont souffrent les plus pauvres. Il n’y aura plus de destructions en Palestine-Israël. Les terres retrouvées redeviendront fertiles pour le bénéfice de tous.

La dignité retrouvée du peuple palestinien restaurera celle du peuple juif, ainsi que celle des pays occidentaux d’Alya, impliqués dans les sources de la Shoah.

De la réparation financière de la Naqba, d’une laïcisation d’Israël et d’un libre partage du territoire naîtra un rameau d’olivier.

Enfin, bien que ce projet de paix ne soit pas forcément porté par des Juifs, les Juifs en comprendront le bien-fondé et la légitimité parce qu’il est motivé non par l’animosité mais par le cœur.

Christophe Chomant, 21-12-2012

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30 novembre 2012 5 30 /11 /novembre /2012 14:03

 

À l’heure où l’opération israélienne « Pilier de la défense » a tué de nombreux civils palestiniens, et où la Palestine vient enfin d’obtenir le statut « d’État observateur non membre » de l’ONU, il semble bon de se pencher sur ce conflit que l’on qualifie volontiers « d’insoluble ». Le conflit israélo-palestinien est récurrent depuis la création de l’État d’Israël en 1948. Il couvait même déjà depuis l’occupation de la Palestine par les troupes anglaises en 1917. Quelle est son histoire ? Quels sont ses blocages ? Quelles sont ses possibles perspectives de dénouement ?

 

Les origines antiques

Il y a un peu plus de trois mille ans, une tribu sumérienne installée à proximité d’Ur en Mésopotamie décide de marcher vers l’ouest et de s’établir au bord du littoral méditerranéen. Pour quelles raisons ? « Injonction de Dieu », selon son chef Abraham. Pour qui doute de l’existence de « Dieu », les motifs réels de l’exil décidé par Abraham demeurent inconnus. Établie au bord du littoral, la tribu vit en vase clos, refusant les mariages avec les autochtones cananéens. Une famine la pousse en Égypte. Des siècles plus tard, rentrant d’Égypte sous la direction de Moïse, les Hébreux conquièrent le pays de Canaan et s’y établissent durablement. Puis, chassés par les Romains vers l’an 70, les Hébreux sont contraints de se disperser dans le monde entier. L’existence de cette communauté éclatée oscillera entre cohabitation heureuse avec les habitants (en Andalousie ou en Afrique du Nord) et persécutions (pogroms dans les pays slaves ; Shoah entre 1934 et 1945).

 

 

La Déclaration Balfour

 

Deux millénaires après l’exil forcé des Juifs, au cours des années 1860-1870, la Palestine, province arabe de l’Empire ottoman, acquiert son indépendance. Mais, dans le cadre de la première guerre mondiale, en 1917, les troupes anglaises « libèrent » la Palestine de la domination ottomane et s’y établissent. Sous la pression du mouvement sioniste fondé par Theodor Herzl et de la diaspora juive (notamment Lord Rothschild), le Britannique Lord Balfour déclare par écrit que « le gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l’établissement en Palestine d’un Foyer national pour le peuple juif. » Comme le fera remarquer Arthur Koestler, « une nation a solennellement promis à une seconde le territoire d’une troisième ». Le drame à venir est enclenché.

 

Shoah, Alya, Naqba

 

Pendant la seconde guerre mondiale, l’idéologie nazie commet la déportation et l’extermination de plusieurs millions de Juifs dans toute l’Europe. C’est la « Shoah ». En 1945, les Juifs survivants éprouvent la nécessité de quitter l’Europe pour une terre où ils se sentiraient en sécurité. C’est ainsi qu’ils émigrent massivement en direction de la Palestine, qu’ils considèrent comme leur appartenant, comme « donnée à eux par Dieu ». C’est « l’Alya », l’émigration en « Terre Sainte ». De nombreux Palestiniens voient leurs maisons et leurs terres confisquées de gré ou de force, sont expulsés, exterminés par des commandos juifs et contraints de s’exiler hors d’Israël, en Cisjordanie, dans la bande de Gaza et dans les pays arabes voisins – Liban, Syrie, Transjordanie, Égypte… C’est la « Naqba », la « catastrophe », du point de vue des Palestiniens. Point culminant de cette Naqba : dans la nuit du 8 au 9 avril 1948, le village de Deir Yâsîn, comptant 254 hommes, femmes et enfants palestiniens qui n’ont pas accepté de fuir sous la pression des colons juifs, est massacré froidement et méthodiquement, comme à Oradour-sur-Glane, par les commandos juifs Irgoun et Stern, dirigés par M. Begin. Terrorisés par ce massacre, les Palestiniens de l’ensemble du pays fuient alors en masse leurs maisons et leurs terres – ce qui était précisément l’objectif des commandos juifs : vider l’espace de façon à pouvoir l’occuper. « Il n’y a pas de place pour les deux peuples dans ce pays. Il n’existe pas d’autre moyen que de déplacer les Arabes dans les pays voisins, tous les Arabes. Tous doivent prendre la direction de la Syrie et de l’Irak, et même de la Transjordanie » avait déjà affirmé huit ans plus tôt, en 1940, Y. Weitz, responsable du développement des terres au Fonds national juif. Telle est restée la situation aujourd’hui, soixante-quatre ans après la création de l’État d’Israël : un peuple est venu s’établir après deux mille ans d’exil sur une terre qu’il considère comme étant « la sienne » ; un autre peuple qui vivait là depuis deux mille ans se trouve terrorisé, exproprié et chassé pour lui céder la place.

 

Création d’un état religieux juif sur la terre de Palestine

 

1948 voit la création d’un État religieux juif, Israël, sur le territoire de la Palestine. Cette création est applaudie par la communauté internationale, éprise de compassion à l’égard des Juifs martyrs de la barbarie nazie. Cette communauté internationale en a-t-elle correctement évalué la légitimité, les enjeux et les conséquences ? Un état est en effet créé là où existait déjà un autre État (privé de ses droits par les Anglais) : celui de Palestine, habité par les Palestiniens.

 

Par surcroît, cet État d’Israël n’est pas un État laïc qui permettrait une cohabitation égalitaire des deux communautés juive et arabe musulmane ; il s’agit d’un État religieux, fondé sur la croyance en la religion juive et l’appartenance à la « communauté juive », fondé sur la croyance en la « terre promise » donnée par « Dieu » au « peuple élu ». Ce caractère religieux de l’État créé ne va pas favoriser le respect de l’égalité des droits entre les citoyens des deux communautés.

 

Après la prétendue « libération » (en réalité la colonisation) de la Palestine par les Anglais et la Déclaration Balfour en 1917, deux événements sont donc la cause originelle d’un conflit aujourd’hui réputé insoluble : le fait de créer un État là où il en existait déjà un ; le fait que cet État créé soit non pas laïc mais religieux.

 

Cette création d’un État religieux juif sur le territoire de Palestine en 1948 soulève plusieurs questions :

 

La terre de Palestine « appartient-elle » aux Juifs ?

 

La terre de Palestine appartient-elle aux Juifs, comme le prétendent certains Religieux ? Peut-on s’arroger la propriété d’une terre au motif qu’elle a été habitée par ses ancêtres deux millénaires auparavant, et alors que d’autres personnes l’ont habitée depuis ? Peut-on revendiquer la propriété d’une terre en arguant du fait qu’elle a été donnée ou « promise » par « Dieu » ? Selon quels fondements la communauté juive, en 1945, considère-t-elle le territoire de Palestine comme étant sa « propriété » ? De quel droit, réciproquement, les Palestiniens, qui habitent sur place depuis toujours, sont-ils expulsés de leurs maisons et de leurs terres ? Ces différentes questions en soulèvent deux autres : un « peuple » possède-t-il un sol ? Qu’est-ce que la « judéité » ?

 

Un « peuple » possède-t-il un sol ?

 

Nous savons qu’un individu, à l’échelle de sa vie, dans tous les pays, a des droits officiels et peut notamment détenir une propriété – une maison, un terrain. En est-il de même d’un « peuple », c’est-à-dire d’un ensemble d’individus, ce à l’échelle de quarante générations ? Ai-je, moi, aujourd’hui, des droits sur un terrain du Périgord au motif que l’un de mes ancêtres y a vécu il y a deux mille ans ? Non. Pour récupérer ce terrain, pourrais-je arguer du fait qu’il m’a été « promis par Dieu » ? L’argument n’est pas non plus tenable. Réciproquement, peut-on chasser un être humain de sa maison et de son terrain au motif qu’un autre le réclame au nom d’un droit ancestral cautionné par « Dieu » ? Un « peuple » (c’est-à-dire un ensemble d’individus) peut-il se déclarer « propriétaire » d’un territoire au nom d’une ancestralité avalisée par Dieu ? Peut-il s’absenter d’une terre et revenir y faire la place deux mille ans plus tard, chasser les habitants de leurs maisons et de leurs terrains ? Si la récupération d’une propriété confisquée a un sens et une légitimité à l’échelle de la vie individuelle, en a-t-elle à l’échelle d’un « peuple » et de quarante générations ? Qui a légitimement le droit de se prétendre « propriétaire » d’une maison ou d’un terrain : un « peuple » à l’échelle des millénaires, ou un individu à l’échelle de sa propre vie ?

 

Qu’est-ce que la « judéité » ?

 

Nous savons que tous les êtres humains appartiennent à l’espèce humaine homo sapiens sapiens apparue il y a une centaine de milliers d’années. Nous savons ce qu’est être blanc ou noir : une question de couleur de peau. Nous savons ce qu’est être bouddhiste ou protestant : une question de religion. Nous savons ce qu’est être A1sacien ou Breton : le fait d’habiter dans telle ou telle région.

 

Mais qu’est-ce qu’être « Juif » ? Quel est le sens de ce qualificatif ? S’agit-il d’une caractéristique religieuse, ethnique, culturelle ?

 

S’agit-il d’une religion ? Dans ce cas, la religion étant une affaire privée, donne-t-elle le droit à la revendication d’une maison ou d’un terrain et à l’expulsion de ses habitants ?

 

S’agit-il d’une appartenance ethnique, « génétique » (si l’on s’en réfère à la coutume du « mariage fermé » et à la « filiation par la mère ») ? Cette notion, au-delà de son caractère « raciste », ne se met-elle pas en porte-à-faux avec l’universalité génétique d’homo sapiens sapiens ? Quelle est par ailleurs la valeur de cette « appartenance ethnique » si l’on considère le brassage manifeste des gènes entre Juifs et non-Juifs depuis deux mille ans ?

 

S’agit-il seulement d’une culture ? Alors en quoi se justifierait la création d’un État, et qui plus est d’un État religieux ?

 

La question de la « judéité » – de ses fondements, de sa nature, de ses justifications – interroge donc, autant que celle de la « propriété » intergénérationnelle d’un territoire par un « peuple ».

 

La question finale qui peut être posée est : en quoi un ensemble d’être humains peuvent-ils chasser de leurs maisons et de leurs terrains d’autres êtres humains au motif que leurs ancêtres ont occupé cette terre deux mille ans auparavant ?

 

L’impasse actuelle

 

Au-delà de ces questions, la situation actuelle est la suivante :

 

- Une population de 5.700.000 Juifs issus de la diaspora occupe ou contrôle 98,7 % du territoire de Palestine (puisque seule la bande de Gaza n’est pas sous le contrôle d’Israël) et a créé, avec l’aval de l’ONU, un État religieux pour y entériner et légitimer sa présence ;

 

- 8.000.000 de Palestiniens vivent hors de l’État d’Israël – reclus en Cisjordanie, dans la bande de Gaza (sous embargo, avec le minimum vital) ou exilés dans les pays arabes limitrophes ;

 

- la communauté internationale est partagée entre sa compassion à l’égard des Juifs martyrs de la Shoah, sa responsabilité d’avoir accepté la création d’un État juif religieux sur le territoire de la Palestine en 1948 et sa compréhension du drame humain palestinien. Elle est partagée entre deux compassions contradictoires. Elle est donc impuissante, ne sachant comment « trancher » ni comment « aller de l’avant ».

 

De fait, Israël et les territoires palestiniens sont depuis 1948 en guerre permanente, avec un bilan de milliers de morts civils de part et d’autre (beaucoup plus du côté arabe que juif).

 

Cette situation conflictuelle est en apparence insoluble parce que :

 

- jamais les Juifs n’accepteront de remettre en cause la légitimité de l’État d’Israël, dont ils estiment avoir hérité la propriété d’un droit ancestral ou de Dieu, ni de laïciser leur État, ni d’envisager l’égalité des droits avec les Arabes musulmans, ni d’envisager la libre circulation des Palestiniens sur le territoire Palestine-Israël ;

 

- jamais les Palestiniens, de leur côté, n’accepteront ni ne pardonneront d’avoir été chassés par les Juifs de leurs maisons, de leurs terrains et de leur pays, avec la complicité bienveillante de la communauté internationale.

 

Le processus de séparation ethnique initié par les Juifs en 1948 et cautionné par l’Occident est sans issue pacifique.

 

Ce qui aurait pu être fait

 

Pour essayer d’entrevoir quelles solutions auraient pu être envisagées, nous pouvons nous fonder, au nom des Droits de l’homme, sur les principes axiomatiques suivants :

 

- On ne peut pas interdire aux Juifs qui le souhaitent de venir s’établir sur le sol de Palestine ;

 

- On ne peut pas obliger les Palestiniens à céder leurs biens ou se déplacer ;

 

- Le fait d’avoir subi le drame de la Shoah, aussi horrible fut-il, ne donne pas aux Juifs le droit de priver les Palestiniens de leurs propres droits.

 

Dans ce cadre, en 1945, les pays occidentaux auraient pu financer un fonds mondial pour l’achat légal, au prix fort, de maisons et de terrains auprès de Palestiniens volontaires pour vendre leurs biens, ce sans recours à la force, ni pression, ni expulsion, ni exécutions, ni massacres, ni exil.

 

Les pays occidentaux auraient pu également, de façon cohérente avec cette démarche, empêcher l’instauration d’un État religieux juif à l’intérieur d’un pays, et contribuer à la transformation de la Palestine en un État laïc égalitaire et multiconfessionnel, permettant au deux communautés musulmane et juive de vivre en bonne intelligence sur le même sol. Il y avait, il y aurait eu, de la place pour tout le monde.

 

Les Palestiniens volontaires auraient pu vendre leurs biens immobiliers à un prix fort leur assurant une vie plus que décente, soit sur le sol de Palestine soit à l’étranger. Il n’y aurait pas eu d’expulsions, ni de menaces, ni de massacres, ni de camps de réfugiés, ni de « ghetto de Gaza ». Considérés comme des citoyens égaux aux Juifs en droit et en dignité dans un État de Palestine laïc et multiconfessionnel, les Palestiniens n’auraient pas souffert et n’auraient donc pas nourri de ressentiment à l’égard des Juifs comme c’est aujourd’hui le cas.

 

Si les pays occidentaux, à commencer par la Grande-Bretagne, avaient procédé de cette façon, la situation serait aujourd’hui celle d’un État laïc, égalitaire, multiethnique, multiculturel et multiconfessionnel vivant en paix.

 

Financement du fonds d’achat légal

 

Qui aurait financé ce fond d’achat légal des biens palestiniens ? Les Juifs ? Non. Car ils ne sont pas responsables de la Shoah (qui est la cause de l’Alya).

 

La responsabilité de la Shoah incombe aux pays occidentaux, à la deuxième guerre mondiale, à la montée du nazisme, à la crise financière de 1929, à la spéculation boursière, au Traité de Versailles, à la première guerre mondiale… Elle incombe de façon globale aux pays occidentaux belligérants entre 1914 et 1945.

 

En 1945, c’était donc aux pays occidentaux réunis, les pays d’Alya en particulier (France, Angleterre, Espagne, Maghreb, États-Unis, mais aussi Argentine, Russie…), de financer un fonds d’achat légal des biens palestiniens, dans le contexte, nous l’avons dit, d’un État de Palestine laïc, égalitaire et multiconfessionnel établi par les Nations Unies.

 

Chaque pays concerné aurait pu cotiser à ce fonds à hauteur de l’effectif de sa diaspora juive émigrant en Palestine.

 

La face du Proche Orient en serait aujourd’hui différente.

 

Au lieu de cela, les pays occidentaux ont laissé les Juifs exproprier les Palestiniens et créer un État religieux juif à la place de l’État palestinien.

 

Il est vrai que les pays occidentaux avaient alors d’autres urgences à régler, des finances exsangues et un sentiment de culpabilité et de redevance vis-à-vis de la communauté juive, à laquelle ils ont laissé les mains libres sur le sol palestinien. Les pays occidentaux se sont débarrassés à bon compte de la question juive par le sacrifice de la Palestine et des Palestiniens, considérés comme menu fretin.

 

Est-il trop tard pour bien faire ?

 

A-t-on procédé à l’estimation des biens – maisons, terrains – confisqués aux Palestiniens et des préjudices subis par leur exil ? Cette estimation est-elle irréalisable ? La valeur financière de cette estimation est-elle hors de portée des capacités financières actuelles des nations occidentales réunies ?

 

Lorsqu’un conflit – entre deux enfants, entre deux conjoints, entre deux familles – a pour origine une spoliation ou une injustice de nature légale et/ou financière, on sait que ce conflit n’a pas d’autre issue que la réparation de l’injustice initiale. Lorsque la justice est rétablie, même des décennies plus tard, le ressentiment s’apaise et le conflit s’éteint de lui-même, privé de raison d’être.

 

La solution

 

Il existe une solution au conflit israélo-palestinien : que les pays occidentaux évaluent le préjudice subi par chaque famille palestinienne à l’époque de la Naqba et réunissent les fonds nécessaires à leur indemnisation au prix fort. De la réparation naîtra l’apaisement et se dissoudront les rancœurs. Et seulement d’elle. Tant que vivront des Juifs et des Palestiniens, aucune autre issue ne sera à espérer.

 

L’ONU devra par ailleurs demander – au besoin imposer – à Israël la stricte égalité de droits sur son sol entre les citoyens juifs et arabes musulmans, sous peine d’être une société d’apartheid, raciste et ségrégationniste. Une fois cette égalité établie, les questions de « frontière » entre Israël et la Palestine n’auraient plus d’enjeu, n’auraient plus lieu d’être, non plus que la plupart des résolutions de l’ONU, non plus que le fameux « mur de la honte », les checkpoints, les vérifications d’identité, les miradors ou les embargos contre Gaza. Les Juifs et les Arabes cohabiteraient sur un même vaste territoire à égalité de droit. Ce tout simplement parce que, au-delà de leur différence religieuse, ils sont les uns et les autres des homo sapiens sapiens et qu’aucun ne détient plus que l’autre le « droit divin ou ancestral » de vivre sur cette terre ni de refouler son frère derrière des murs.

 

Oui, une solution existe : dédommager financièrement les Palestiniens au prix fort grâce à la constitution d’un fonds occidental, laïciser Israël et faire tomber les frontières entre les deux communautés.

 

Il est hautement probable qu’Israël et les Juifs du monde entier rejettent farouchement ce scénario. Ils comprendront un jour qu’il en va de leur propre intérêt, s’ils veulent vivre en paix et en sécurité parmi les Palestiniens sur le territoire de Palestine, que « Dieu » n’a donné à personne.

 

Un enjeu important pour la France

 

La France est probablement le pays du monde qui combine la plus forte proportion à la fois de citoyens juifs (entre 500.000 et 600.000), sensibles au sort des Juifs d’Israël, et de citoyens musulmans d’origine arabe (entre 5 et 6 millions), sensibles au sort des Arabes musulmans de Palestine et d’Israël. La France est donc le pays pour lequel l’impact négatif du conflit israélo-palestinien est le plus fort, qui risque notamment d’engendrer le plus de tensions, d’actes criminels et terroristes sur son territoire (comme en témoigne récemment le drame de l’affaire Mérah). La résolution du conflit israélo-palestinien est un enjeu majeur pour la France, très attachée au respect de ses communautés à la fois juive et musulmane, sans lesquelles la France ne serait pas la France.

 

 

 

Enfin, au-delà de l’intérêt de la France, il en va bien sûr de l’intérêt des populations palestiniennes, mais aussi de la communauté juive israélienne. Dans la défiance, la ségrégation, l’oppression, l’humiliation, la tension, la violence et la peur, on ne vit pas en homme ; on survit, en sous-homme.

 

 

La Déclaration de Lord Balfour de 1917, après avoir promis à Lord Rothschild la possibilité d’établissement d’un foyer juif en Palestine, précise : « …étant clairement entendu que rien ne sera fait qui puisse porter atteinte aux droits civils et religieux des collectivités non juives existant en Palestine. » Si on veut régler le conflit israélo-palestinien, il ne reste donc plus qu’à accomplir la Déclaration Balfour jusqu’à son point final – elle qui en fut le point de départ.

 

 

Chr. Chomant, 30-11-2012

 

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