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28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 21:50

Le Parti Communiste Français a réalisé un clip de vœux qui a comme premier mérite d’être bien fait et drôle :


http://www.youtube.com/watch?v=RfpH2fZiMUM

 

Il mérite néanmoins une petite explication de texte :


Culture :  il est facile de reprocher au gouvernement une baisse de 4,3 % du budget de la culture. Mais pour dépenser de l’argent, encore faut-il en avoir. À l’heure où les caisses de l’État sont vides, et avec une dette publique de 1.700 milliards d’euros, nos amis communistes peuvent-ils nous indiquer où trouver de l’argent pour maintenir à flot toutes les dépenses de culture ? Il est vrai d’un autre côté que si F. Hollande n’avait pas fait de promesse intenable, il ne se ferait pas épingler aujourd’hui par le PCF.

 

Traité européen : il n’est pas exact de prétendre que la position de F. Hollande est la même que celle de N. Sarkozy. Elle se double en effet de la volonté d’un volet de croissance, qui vient moduler le « tout-austérité » voulu par Angela Merkel. Ce n’est pas rien. Ce volet de croissance est important, car la maîtrise des dépenses publiques est nécessaire (n’en déplaise aux communistes) mais ne sera pas suffisante pour relancer la croissance dans la zone euro.

 

Santé : est-ce de « droite » que de responsabiliser les usagers sur les coûts de santé par des franchises médicales ? Est-ce de droite que de chercher à rationaliser les dépenses de santé quand les caisses de l’État sont vides ? Non, c’est tout simplement une attitude politique responsable.

 

Droit de vote des Etrangers aux élections locales : ce débat qui divise l’opinion publique est plus complexe qu’il n’en a l’air. Reprocher à F. Hollande de prendre un peu de son temps sur ce dossier n’est pas charitable.

 

Augmentation de la TVA : là, c’est un pavé dans la mare de F. Hollande, mais pas pour les motifs invoqués par le PCF. Relancer l’emploi implique en effet d’alléger les charges sociales pesant sur les entreprises, qui sont parmi les plus élevées d’Europe. Le déplacement d’une partie de ces charges vers une part de TVA est une mesure qui peut montrer son efficacité pour relancer l’emploi (ou à moins de réduire les charges sociales par des réductions de dépenses sociales drastiques, ce que n’envisagent certainement pas les communistes). L’erreur de F. Hollande est certainement d’avoir critiqué la TVA sociale de N. Sarkozy, alors qu’il s’agissait d’une mesure intéressante. Preuve en est : il s’apprête à l’appliquer lui-même. Mais vous-mêmes, amis communistes, quelle mesure proposez-vous pour permettre aux petites et moyennes entreprise d'avoir moins de charges et d’embaucher plus ?

 

Finance : oui, la spéculation et l’ultra-libéralisme financiers détruisent l’économie de marché productive, donc l’emploi, donc les salaires, donc les finances publiques. F. Hollande a raison de le rappeler. Les remèdes à ce fléau passeront par une surveillance, une régulation et une fiscalisation européenne et mondiale des échanges financiers. Mais le PCF associe la spéculation financière et les entreprises. Faux, ultra-faux, zéro pointé ! Ignorance ou démagogie éhontée ! Le directeur d’une banque d’affaires a peut-être un lien avec la spéculation financière (au même titre que le boursicoteur lambda). Mais un chef de petite ou moyenne entreprise, que celle-ci produise des biens ou des services, n’a rien à voir avec la spéculation financière. Il n’y a pas plus de rapport entre un chef d’entreprise et un spéculateur qu’entre un ouvrier d’usine et un joueur de casino. L’entrepreneur est même la première victime de l’effondrement bancaire de 2009, qui l’empêche de développer son activité et d’embaucher. Oui, il faut permettre aux entreprises françaises de créer de l’emploi en allégeant leurs charges exorbitantes par rapport à leurs consoeurs européennes ! Mais cela n’est en aucun cas un « cadeau offert à la finance » ; ça n’a rien à voir. Amis communistes, il faut relire Marx et réviser vos cours d’éco, ou sortir observer le monde ! ;-)

 

Plans de licenciement : cependant que F. Hollande défend l’industrie et l’emploi, le clip égrène la liste d’entreprises procédant à des plans de licenciement (Rio Tinto, Orange, Cauval, Alcatel Lucent, Air France, Texas Instrument, Lafarge, SFR, Goodyear, Sanofi, Pilpa, Arcelor Mittal, Technicolor, Arkéma, Pétroplus, Thalès, Bouygues Télécom, PSA, Fralib, Sodimédical, Doux). Mais quel est le pouvoir du politique sur l’économie ? Le président de la république a-t-il le pouvoir d’empêcher les plans de licenciements (comme a pu le laisser croire un Montebourg) ? Non. Tout ce que le gouvernement a le pouvoir de faire dans une économie de marché productive, c’est d’assainir les comptes publiques, de façon à pouvoir oxygéner les entreprises françaises, ceci pour leur permettre de créer de vrais emplois durables. Son pouvoir s’arrête là. Ce n’est pas rien, déjà. Mais un gouvernement n’est pas responsable des licenciements.

 

En conclusion, les plans de licenciement et le chômage, ça ne nous fait pas rire non plus, même pas du tout. Mais les analyses, critiques et remèdes économiques du PCF, quand bien même épris des meilleurs sentiments, sont erronés. Ce n’est pas ainsi qu’on guérira notre économie, qu’on créera de l’emploi et qu’on pourra dégager suffisamment de recettes publiques pour nous offrir demain de nouvelles politiques sociales, éducatives et culturelles dignes de ce nom. Non, les entreprises ne sont pas de grands méchants satans spéculateurs ; elles sont créatrices d’emplois, pourvu qu’on leur donne un peu d’oxygène. Et avant de répartir les richesses, il faut déjà commencer par les produire ! La colère des communistes est peut-être légitime, mais leur analyse n’est malheureusement pas la bonne.
Bonne fin d’année 2012 à tous !

Christophe Chomant,
Social-Démocratie.

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27 novembre 2012 2 27 /11 /novembre /2012 14:57

M Rocard porte un regard pessimiste sur les perspectives de croissance française à court terme. Il parle d'une probable entrée en «récession».

 

Manque de réactivité du gouvernement

 

Le gouvernement «était très lent à réagir», avant que n'intervienne la «grosse correction» des mesures en faveur de la compétitivité des entreprises, annoncées le 6 novembre par Jean-Marc Ayrault analyse-t-il. «Depuis vingt-cinq ans, jamais aucun gouvernement de la République, de droite ou de gauche, n'a pris une mesure conjoncturelle aussi forte». Pour l'ancien Premier ministre, «la prise en compte [par le gouvernement] du fait que nous sommes dans une vraie crise et pour des années n'est pas encore totalement faite». L'explication c'est que «François Hollande est un social-démocrate depuis trente ans. Il n'a pourtant pas eu la tête à l'économie et il est resté un homme formé par l'action politique quotidienne. Et l'action politique quotidienne a l'inconvénient de vous raccourcir l'horizon, centré sur le court terme», poursuit Michel Rocard.

 

Solidarité européenne

Face à ce constat pessimiste, il relève l'importance de la solidarité entre pays de la zone euro. «Il est impératif que l'Europe soit soudée face à cette mutation», explique-t-il en donnant en exemple l'évolution des derniers mois de l'Allemagne. Cette dernière «est en train d'entrer en récession par la baisse de ses ventes (exportations vers les pays européens affectés par la crise). Du coup, elle se découvre solidaire malgré elle».

 

Décalage idéologique du Front de gauche

Michel Rocard aborde enfin les relations houleuses entre le PS et le Front de gauche: «Je ne sais pas s'il [le FG] est capable d'analyser la situation telle qu'elle est. Il a toujours dans la tête une idée d'économie administrée. Le Front de gauche est un extraterrestre».

27-11-2012

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