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2 avril 2014 3 02 /04 /avril /2014 16:14

     Le mouvement d’idées « Social-Démocratie » est heureux de voir nommer à la tête du gouvernement M. Manuel Valls, qu’il avait soutenu lors des Primaires Socialistes, et dont il apprécie l’alliance de réalisme économique – assumant une économie de marché régulée – et d’engagement à gauche – pour la défense des valeurs de justice sociale et de solidarité.


     Manuel Valls a notamment la lucidité et le courage de s’affranchir de certains dogmes irréalistes et contre-productifs d’une certaine gauche obsolète, décalée des réalités économiques.


     Précisons à ce propos que la lucidité et le réalisme économiques n’excluent pas – mais permettent au contraire – une action progressiste à la fois volontariste et efficace sur le monde, notamment dans la lutte pour l’éradication du chômage de masse et ses fléaux – pauvreté, moins-disant salarial et baisse des salaires, fuite d’une partie du PIB vers les paradis fiscaux, chute de consommation et de croissance, asphyxie des entreprises, endettement public, austérité, extrême droite…


     Un homme de gauche est d’autant plus efficace dans son action qu’il est lucide sur les réalités du monde. On ne peut pas améliorer le monde si on n’en connaît pas – ou mal – les mécanismes, notamment ceux, difficiles et complexes, de la création d’emplois productifs et durables par les entreprises privées. Le conservatisme (qui se satisfait du monde tel qu’il est) a le droit d’être aveugle si ça lui chante ; le progressisme (qui veut améliorer le monde) a le devoir d’être lucide.


     Au sein d’une économie de marché régulée, notamment, l’homme politique a le devoir de mettre l’entreprise en situation de pouvoir créer de l’emploi. Il n’a pas pour autant le droit de la mettre en situation de devoir créer de l’emploi. Créer un emploi productif est en effet autre chose que de créer un poste de fonctionnaire ; ceux qui ont eu la difficulté – et le bonheur – de créer un jour un emploi le savent. Le pacte de responsabilité n’est pas un pacte d’obligation mais de confiance vis-à-vis de l’entreprise et de l’économie. Il n’y a pas de « cadeau au patronat », comme le pérore une certaine gauche haineuse et limitée, mais une mise en situation favorable de création d’emplois productifs et durables par les entreprises privées, qui est la meilleure façon pour l’homme politique d’aujourd’hui de rendre service à son pays et à ses concitoyens. Seule la création d’emplois, en effet, sera à même de réduire la pauvreté, l’injustice sociale et l’extrême droite ; l’indignation bien-pensante en la matière ne suffit pas. Dans une économie de marché mondialisée, être de gauche ne se réduit pas à brider et pressurer l’entreprise ; c’est quelque chose d’un peu plus complexe – et plus difficile – que cela.


     Au-delà de la nomination d’un Premier Ministre lucide et combatif, le mouvement d’idées « Social-Démocratie » souhaite que Manuel Valls incarne pour l’avenir de notre pays une gauche nouvelle, moderne, en phase avec les réalités économiques de l’entreprise et de l’emploi, à l’instar du Parti Social-Démocrate allemand, du New Labour britannique ou du Parti Démocrate américain.


Christophe Chomant, le 02-04-2014

 

     « Social-Démocratie » est un réseau national de militants progressistes issus de la motion 4 du Congrès du Mans et des courants socio-démocrates rocardiens et strauss-kahniens.

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4 février 2014 2 04 /02 /février /2014 13:12

Monsieur Yvon Robert,


Les 23 et 30 mars 2014 se dérouleront les élections municipales.
Votre gestion de la ville est bonne – sérieuse, solide, estimable. C’est là un fait incontestable.
Cependant, dans un contexte de grande difficulté économique, d’aggravation du chômage de masse, de détresse des électeurs et de défiance à l’égard de notre président F. Hollande, plusieurs sondages récents laissent envisager la possibilité d’une victoire de la droite dans notre ville.
Vous aurez donc besoin, pour gagner cette élection, de toutes les forces vives de la gauche plurielle, depuis le ralliement des communistes (dotés de formidables motivations dans le domaine du social, de la culture, de l’école et de la lutte contre l’illettrisme) jusqu’aux franges sociales-démocrates de centre gauche.
Les voix de la partie gauche du centre ne sont pas négligeables. Au nom de ces idées, qui allient les valeurs de justice sociale à une approche responsable et réaliste du monde de l’entreprise, de l’économie et de l’emploi, j’ai eu l’occasion de rassembler dans le canton de Rouen 6, 3,25 % des voix aux élections cantonales de 2011, puis 6,8 % des voix aux élections législatives de 2012.
Nous savons combien l’électorat centriste est décisif dans le résultat d’une élection.
Au-delà de ces considérations stratégiques dont vous avez probablement conscience, nous savons que les électeurs seront particulièrement sensibles, pour ces prochaines échéances, aux questions de la sécurité et de l’emploi.
Or, le chômage est-il une fatalité de dimension nationale ? Ni l’une ni l’autre. L’emploi peut être favorisé au niveau du pouvoir municipal, par différentes mesures que sont :
- un programme, collégial avec l’agglomération Rouen-Métropole, d’aménagement de terrains et de construction de locaux dédiés aux entreprises à des conditions attractives ;
- une sollicitation active des entreprises françaises et étrangères, quitte à nous déplacer physiquement pour aller chercher et convaincre les entrepreneurs de venir s’implanter sur notre territoire ;
- un effort accru dans la fluidification des transports (routiers, ferroviaires, fluviaux, automobiles, transports en commun), critères logistiques décisifs dans la décision d’implantation d’une entreprise ;
- une adaptation des différents systèmes de formation locaux aux besoins listés par les entreprises rouennaises ;
- et enfin une « Maison du travail et de l’emploi » réunissant l’ensemble des institutions en relation avec l’entreprise, l’emploi et la formation – chambres de commerce, d’industrie et d’artisanat, Pôle Emploi, Greta, écoles supérieures, centres de formation, etc. – de façon à optimiser le temps, l’énergie et la motivation du demandeur d’emploi ;
Les conditions attractives d’implantation des entreprises peuvent être contrebalancées par une maîtrise des dépenses de fonctionnement de nos collectivités locales – commune et agglomération. Les coûts d’une optimisation de l’emploi sont également compensés à terme par les économies en aides sociales permises par la création d’emplois.
Différentes communes et agglomérations en France – et pas seulement celle de Vitré – ont appliqué ces méthodes avec succès, parvenant à maintenir leur taux de chômage en dessous de la moyenne nationale. Il n’y a pas de fatalité.
Cette question de l’emploi, cruciale aux yeux des électeurs, doit être traitée dans les priorités d’un programme électoral.
Une large union de la gauche plurielle jusqu’au centre social-démocrate, associée à un traitement prioritaire du chômage : telles seront les clefs de votre réélection aux prochaines élections municipales.
Quelles que soient en tout cas les décisions stratégiques que vous prendrez pour la constitution définitive de votre liste et de votre programme, je me permets de vous souhaiter bonne chance pour conserver la mairie de Rouen.

 

Christophe Chomant,
Social-Démocratie

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15 janvier 2014 3 15 /01 /janvier /2014 16:43

Comme annoncé déjà en filigrane dans son allocution du 31 décembre 2013, le président François Hollande a confirmé hier mardi 14 janvier 2014 sa décision de mettre – enfin – en œuvre une politique sociale-démocrate pour combattre la crise qui nous frappe :
- Par son pacte de responsabilité allégeant les charges (parmi les plus élevées d’Europe) pesant sur les employeurs d’un montant de 30 milliards d’euros, il contribue à favoriser l’embauche et la création d’emplois privés par les entreprises.
- Oxygéner l’entreprise pour favoriser l’emploi implique évidemment de réduire les dépenses publiques. Ce à quoi s’attelle également François Hollande en se fixant un objectif de 15 milliards d’euros d’économies en 2014 pour un ensemble de 50 milliards d’euros à terme en 2017, sachant bien sûr que ces économies devront être ciblées avec précision, sans dommages pour notre système de protection sociale.
- Ainsi, les réductions de dépenses publiques permettront l’oxygénation des entreprises, laquelle permettra l’embauche, laquelle enrichira la collectivité, ce qui permettra au final une réduction de la dette publique et de l’impôt.
- Les collectivités territoriales sont elles aussi appelées à réduire leur coût de fonctionnement pour le contribuable et l’oxygénation générale de l’économie.
- La main tendue à l’Allemagne est par ailleurs un premier pas vers une Europe de l’homogénéité fiscale et sociale, clef de la croissance européenne.
- L’emploi ? Le président a clairement affirmé que c’est à l’entreprise privée de le créer, parce que cet emploi, à la différence des emplois aidés, est productif et durable.
- Oui, nos entreprises peuvent et doivent produire plus, mieux, et exporter aux quatre coins de la planète, dans une mondialisation qui est une opportunité à saisir pour notre pays !
- François Hollande ose – enfin – s’affirmer « social-démocrate », à savoir un homme de gauche et de progrès social qui sait prendre en compte les réalités et les logiques économiques de l’entreprise et de l’emploi.
Autant de propos et de résolutions qui vont dans le bon sens et redonnent espoir.

Certains électeurs se souviennent peut-être de ce que j’écrivais dans ma profession de foi pour les législatives 2012 :
Se désendetter et maîtriser les dépenses publiques :
Nous devons gérer l’État de façon plus raisonnable. En attendant que notre pays soit désendetté, et que la croissance et l’emploi reprennent, l’heure est à la maîtrise des dépenses.
Oxygéner l’entreprise pour créer de l’emploi :
Seules les entreprises ont le pouvoir de créer des emplois productifs et durables. L’État doit donc inciter les entreprises à embaucher, en commençant par alléger les charges sociales, qui sont parmi les plus élevées d’Europe. C’est ainsi qu’on créera réellement de l’emploi.

 

…et, sur mes affiches, les mots d’ordre suivants :

 

Ce n’est pas en dépensant qu’on réduit sa dette !
Oxygéner l’entreprise pour créer de l’emploi !
La social-démocratie, pas la démagogie !

 

Janvier 2014 : merci – enfin – Monsieur Hollande !
Il reste encore certes à mettre les paroles en musique. Mais les paroles, au moins, déjà, sont là! Ouf !

Christophe Chomant,
Social-Démocratie

15-01-2014

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25 août 2013 7 25 /08 /août /2013 21:32

Le Parlement a adopté le 18 juillet 2013 une loi passée quasiment inaperçue dans l’opinion publique et les médias, et qui est pourtant d’importance première, puisqu’elle porte sur la séparation et la régulation des activités bancaires.
On se souvient du fait que la crise financière de 2008 avait été causée par la diffusion et la spéculation incontrôlée sur des produits financiers hautement risqués (en l’occurrence les subprimes) par un certain nombre de banques dans le monde entier.
Cette crise financière avait d’abord provoqué une crise bancaire, puis une crise économique (puisque les banques ne pouvaient plus financer les entreprises) et conséquemment une explosion du chômage et des déficits publics, avec pour corollaire des tensions sociales et une montée des extrémismes politiques. On estime à treize millions le nombre d’emplois perdus depuis 2008 à cause de cette crise financière, avec les conséquences humaines et économiques qu’on peut imaginer pour les personnes et pour les États.
Ceci ne doit plus se reproduire. Les États se devaient d’agir pour assainir et réguler les activités bancaires (voir l’article daté du 20-12-12 : http://christophe.chomant.lgm.over-blog.com/pages/5-comprendre-la-crise-financiere-pour-en-eviter-de-nouvelles-8471170.html)
De fait, la loi de régulation bancaire votée le 18 juillet 2013 prévoit les dispositions suivantes :
- Les activités spéculatives d’une banque devront être séparées de l’activité de dépôt au sein d’une filiale autonome à partir de 2015, de façon à protéger la structure de dépôt (et les fonds des particuliers et des entreprises) en cas d’explosion de bulle sur un produit ou de crack boursier ;
- la commercialisation de certains produits financiers à haut risque devient interdite ;
- l’intégralité des activités, du personnel et de la comptabilité (produit, bénéfice, impôts, subventions…) des banques françaises dans l’ensemble du monde devra être rendu publique, de façon à prévenir la fuite éventuelle de bénéfices et de capitaux au sein de paradis fiscaux.
Tout manquement à ces principes sera suivi de sanctions.
Le texte est également assorti d’un volet protégeant les clients contre un certain nombre de frais bancaires abusifs.
Il est à noter également que, de façon prudente, le gouvernement remettra au parlement avant le 30 juin 2014 un rapport étudiant le possible impact de cette loi sur la compétitivité du secteur bancaire français par rapport aux établissements européens et américains.
En résumé, comme le formule le ministre de l’économie Pierre Moscovici, cette loi offre une réponse déterminée aux dérives de la finance et permet d’anticiper et de prévenir les crises futures.
Il reste bien sûr encore à faire, notamment au-delà des frontières de notre pays. La « sécurité financière » mondiale ne sera en effet assurée que lorsque l’ensemble des pays développés – Chine et Inde compris – soumettront leurs propres banques à ces mêmes obligations.
J’ajouterais que la mesure ne sera pleine que lorsque les nations développées unies souscriront comme un seul homme au niveau mondial à une fiscalisation des revenus financiers qui offrira le double avantage 1°) de dissuader la spéculation financière risquée et donc d’éviter les cracks 2°) d’inciter à l’investissement plutôt dans l’économie productive, favorisant ainsi l’emploi. Les pays du monde entier sont en mesure de comprendre que de tels principes poursuivraient leur propre intérêt sur le plan de leur santé économique, sociale et budgétaire.
Depuis les années 1990, les revenus financiers ont primé sur ceux du travail. Cette tendance doit être inversée si l’on veut rejoindre une situation de plein emploi dans l’ensemble du monde occidental au cours des prochaines décennies, et éviter les crises budgétaires, sociales, politiques – et militaires – qui pourraient découler du chômage de masse et de ses conséquences. On sait en effet que les crises financières, économiques et sociales nourrissent les crises politiques et les conflits internationaux.
Quoiqu’il en soit, quelles que soient les perspectives de coopération à venir sur le plan international dans le domaine de la régulation financière, la loi du 18 juillet 2013 demeure et demeurera comme ce qui devait être accompli, de façon pionnière et exemplaire, dans et par notre pays.


Chr. Chomant, 25 août 2013, la Rochelle

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23 août 2013 5 23 /08 /août /2013 13:55

Il y a deux facteurs capitaux dans la reprise de la croissance au sein d’une économie en récession. : la confiance des consommateurs et la confiance des entrepreneurs.
Ces facteurs sont favorisés par un exécutif lui-même confiant, apaisant, sécurisant et positif (et qui par ailleurs bien sûr effectue correctement son travail).
Ces facteurs favorables sont inversement bridés par un exécutif moralisateur, diviseur, alarmiste et anxiogène, qui décourage finalement la consommation, l’entrepreneuriat et la création d’emplois.
Sur ce plan, et même si le programme de F. Hollande pouvait sembler « séducteur » sur le plan économique par rapport à celui de N. Sarkozy, il semble que l’éxécutif de F. Hollande se comporte mieux sur le plan psychologique. Ce dont effet : il est possible que la promesse de F. Hollande, longtemps tenue pour illusoire, d’inverser la courbe du chômage avant la fin de 2013 soit en passe d’être accomplie.
La droite primait par sa lucidité économique affichée ; la gauche prime par son combat sur les valeurs et sa confiance affichée. Le résultat est que la croissance revient. Ce que la droite appelait – en vain – de ses vœux, la gauche semble le réussir.
Les ressorts et chemins de l’action politique s’avèrent donc assez tortueux. Ne vainc pas forcément celui qui crie la difficile réalité sur les toits. Il y a aussi une part de psychologie, d’état d’esprit et de méthode Coué dans la dynamisation de l’économie par les consommateurs et les entrepreneurs. Le sentiment de confiance, qui se répand de façon bénéfique entre les esprits, n’est pas moins important que l’analyse, possiblement anxiogène.
L’économie d’un pays semble finalement se comporter comme une personne : celle-ci, lorsqu’elle est mise en danger, a peut-être plus de chance d’être sauvée si on la rassure que si on l’inquiète.


Chr.. Chomant, 23 août 2013, La Rochelle

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23 août 2013 5 23 /08 /août /2013 13:49

(Interview accordée à Charles de Saint-Sauveur dans Aujourd’hui en France du 22 août 2013)

 

- Comment jugez-vous les outils mis en place pour faire repartir l’économie française ?

Luc Ferry – Je vois trois bonnes choses. D’abord l’accord sur la flexisécurité : la droite en avait rêvé, Hollande l’a fait. Autre point positif, les contrats de génération, qui sont ce qui peut se faire se mieux en termes d’emplois aidés. Enfin, le président a clairement affiché sa volonté – une première à gauche – de réduire les déficits publics. Je regrette que cette baisse se fasse essentiellement par l’impôt et non par la baisse des dépenses de l’État. Mais globalement, ça va dans le bon sens.

- Pensez-vous qu’Hollande puisse réussir son pari d’inverser la courbe du chômage d’ici la fin de l’année ?

- Si la croissance mondiale est là, la France ramassera elle aussi la mise. Il y aura toutefois, je pense, un décalage de quelques mois sur cette promesse. Six mois peut-être. Mais la courbe s’inversera à coup sûr s’il continue dans cette voie. Il a le courage de traîner le lourd chariot de la gauche vers la social-démocratie. Et ce malgré les boulets écologistes et les sorties de Mélanchon. La cohérence qu’il affiche jusqu’à présent peut s’avérer payante.

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15 août 2013 4 15 /08 /août /2013 20:48

Certaines mauvaises langues assimilent les crimes du communisme à ceux du nazisme. Calomnie ! Le nazisme promet d’exterminer cinq millions de personnes… et extermine cinq millions de personnes. Le communisme promet le paradis à cinq millions de personnes… et extermine cinq millions de personnes. Nuance!
Sans cette nuance de taille, le communisme n’aurait jamais pu exterminer quatre-vingt millions de personnes au 20ème siècle. Quiconque aurait cherché à l’en empêcher.
Les meurtres du nazisme sont intentionnels ; ceux du communisme ne le sont pas, ils sont « accidentels ». Raison pour laquelle aujourd’hui le parti nazi est interdit, et le parti communiste encore autorisé.
Des affiches récemment placardées sur les murs disaient : « Je suis communiste et ça fait du bien ! ». Signe que, à défaut d’être des économistes éclairés, plus experts en famine qu’en prospérité, les communistes sont dotés d’un subtil sens de l’humour, de type glacial et sophistiqué, notamment vis-à-vis des quatre-vingt millions de victimes du communisme passées dans les frais généraux de l’Histoire. « Le communisme est la seule maladie qu’on n’a pas essayée sur les animaux avant de l’essayer sur l’Homme », ironisait à ce propos l’un de nos grands humoristes.
Des amis socialistes me demandent : « Pourquoi tirer sur une ambulance ? » Je leur réponds : « Si le parti socialiste balayait devant la porte de ses alliances complaisantes, il ne s’en porterait que mieux : les démocrates centristes voteraient plus facilement pour lui, et il accèderait au pouvoir plus par adhésion des électeurs à ses valeurs que par rejet de la droite ». Et j’ajoute : « Également parce que le PS doit se dissocier du communisme par simple principe démocratique, tout comme l’UMP se dissocie du FN. » Car si le communisme à la tête d’une mairie est plutôt sympathique, à la tête d’un pays il peut devenir dévastateur.
Il est regrettable que les militants communistes français, qui sont des humanistes sincères et généreux, ardents militants de la justice sociale, de la culture et de l’éducation, se réclament encore de ce titre et de cette idéologie aux promesses idylliques et aux effets meurtriers. Comment peut-on se revendiquer aujourd’hui sans état d’âme d’un drapeau et d’un nom rougis par le sang ? La grande famille de la social-démocratie ne siérait-elle pas mieux aujourd’hui à leur idéal revendiqué d’humanisme et de justice ?

Chr. Chomant, 15 août 2013

 

Lecture utile : Stéphane Courtois (dir), Le livre noir du communisme, 1997, Robert Laffont.


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29 juillet 2013 1 29 /07 /juillet /2013 18:28

Au nom de la démocratie et du libéralisme, doit-on tout laisser montrer à la télévision ? Au risque de paraître rabat-joie ou « réactionnaire », je répondrais non. En matière de télévision, l’État me semble en effet devoir exercer une mission d’éducation, de pédagogie et de culture (que l’on me pardonne ces « gros mots ») auprès des citoyens.
Distinguons d’abord deux choses : la télévision publique, qui doit être investie de missions morales et éducatives ; et la télévision privée, libre de ses programmes – avec toutefois certaines limites, que nous allons évoquer.
Passons en revue quelques sujets :
La télévision publique est financée par la redevance télévisuelle et l’argent public. Elle n’a donc pas à diffuser de publicité, qui abêtit les esprits et transforme les citoyens en moutons consommateurs, soit l’inverse exact des missions d’un État digne de ce nom. Que la télévision privée diffuse de la publicité relève par contre de sa liberté et de celle du téléspectateur : cette télévision privée n’est pas investie d’une mission éducative régalienne ; et elle doit par ailleurs se financer.
La télévision publique ne doit pas diffuser de jeux où les candidats gagnent de l’argent en répondant à des questions plus ou moins intelligentes et méritantes. Ces jeux font l’apologie de l’argent facile sans travailler (comme celui du rentier, du spéculateur ou de l’assisté). Ils aiguisent et encouragent la cupidité, celle du joueur et celle du téléspectateur. Ils dévalorisent la notion de travail, aux antipodes de la mission pédagogique et morale de l’État. Les télévisions privées peuvent se réserver ce droit de diffusion, bien qu’il soit permis de s’interroger également sur une réglementation possible en la matière, dans l’intérêt général du pays et de la mentalité de nos concitoyens.
La télévision publique ne doit pas diffuser de « télé-réalité », dans laquelle des individus sont mis en concurrence, ridiculisés, humiliés, jetés comme des gladiateurs dans des situations dégradantes. Ces programmes flattent et cultivent également le voyeurisme du téléspectateur, aux antipodes des principes moraux les plus élémentaires. Il est même permis de s’interroger sur une réglementation de ces émissions dans le secteur privé. Le voyeurisme et l’utilisation d’êtres humains comme cobayes ou gladiateurs ont leurs limites, qu’on a probablement perdu de vue en s’y habituant progressivement.
La violence doit bien évidemment être bannie de la télévision publique, et mieux réglementée par ailleurs sur la télévision privée. La violence, à force d’être diffusée, se banalise. Elle contribue à rendre les téléspectateurs et citoyens violents eux-mêmes. Les différentes tueries observées ces dernières années dans les pays occidentaux furent causées par des individus abreuvés de programmes violents ; sans ces programmes, ils n’auraient pas causé ces tueries. Ces recommandations s’appliquent bien sûr également aux jeux vidéos. Les jeux vidéos violents, où par exemple tuer rapporte des points, devraient être interdits à la vente (au même titre que sont interdits les groupuscules politiques prônant la violence ou l’assassinat). L’attribution de points par l’assassinat d’individus (même virtuels) constitue une apologie psychologique de la violence. Ce sont une mentalité et des valeurs morales qui sont en jeu : tuer l’autre, ou le respecter.
On sait que le journal télévisé d’informations, quels que soient les événements survenus dans le monde, doit durer trente minutes, faire de l’audimat, et qu’il se focalise sur les drames, le sordide et le sensationnel, au mépris parfois de la vérité ou de la dignité humaine. Ce qui pourrait être résumé en « six minutes » est délayé en trente minutes de rabâchage et de voyeurisme. On ne peut bien sûr pas exclure l’information de la télévision : c’est aussi l’une de ses missions. Mais il convient alors de l’accompagner d’émissions pédagogiques qui éduquent à son analyse et à son décryptage, comme savait si bien le faire par exemple un Daniel Schneidermann avec « Arrêt sur images ».
La pornographie ne doit pas être diffusée à la télévision, ni publique ni privée. Cette interdiction ne relève pas d’un puritanisme effrayé par le sexe ; la sexualité a toute son importance dans la vie normale de l’être humain et contribue à son équilibre. Ce qui est en jeu, c’est que la diffusion de pornographie par la télévision lui confère auprès de certaines populations un caractère légitime et officiel (parce que diffusé par la télévision). Elle confère une légitimité usurpée à un certain type de pratiques sexuelles qui ne sont pas celles de la « vraie vie », qui ne sont pas celles d’une sexualité épanouie, respectueuse des personnes. Cette « légitimation » télévisuelle de la pornographie aboutit à des dérèglements dans les pratiques familiales de certains milieux sociaux, comme on a pu l’observer à Outreau et en d’autres cas, où, notamment, les enfants sont utilisés comme objets sexuels des fantasmes adultes, ce qui est une dérive monstrueuse, inacceptable et destructrice de la sexualité. En la matière, il ne faut pas attendre de réprimer en aval (il est trop tard), il faut d’abord prévenir et empêcher en amont.
Enfin, au risque de choquer et de paraître « ringard », la télévision publique doit jouer un rôle éducatif. On doit y voir – entre 17h et 20h – des émissions intelligentes, didactiques et attrayantes sur la sociologie, l’anthropologie, l’économie, la politique, la philosophie (autant de matière dont l’enseignement fait défaut à l’école et qui manquent cruellement à la culture des Français)… « Capital » d’Emmanuel Chain était par exemple une remarquable émission d’économie et d’entrepreneuriat… diffusée sur une chaîne privée, quand elle aurait due être conçue par la télévision publique. LCP est une chaîne d’un contenu remarquable, dont certaines émissions auraient vocation à être diffusées sur les grandes chaînes publiques. Est-ce une hérésie d’affirmer aujourd’hui que les chaînes de télévision publique ont la mission « d’éduquer » les téléspectateurs, comme dans les années 1960 ?
Publicité, jeux, télé-réalité, violence, information, pornographie, rôle éducatif… En résumé, la télévision d’aujourd’hui, devenue une sorte de grand n’importe quoi où règnent les lois de l’audimat, des recettes publicitaires, du sensationnalisme, de la violence, de l’exhibitionnisme, du voyeurisme, de la sottise et de la cupidité, qui en est arrivée à flatter les bas instincts de l’être humain pour faire de l’audience et de l’argent, doit être redressée sur le plan de ses contenus, avec autorité, dans l’intérêt général du peuple et du pays. Le libéralisme économique, oui. Le laisser-faire télévisuel et médiatique au nom soi-disant de la « liberté » ou de la « démocratie », non. Les Français méritent mieux que ça !
Au-delà de la télévision, c’est d’ailleurs la notion de « l’État » et de l’intérêt public qui doit être redressée, plutôt que baisser les bras devant toute supposée « fatalité ». Revendiquons une conception non pas fataliste mais exigeante de la télévision et de l’autorité publique !


Chr. Chomant, le 29 juillet 2013

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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 12:12

À l’approche des élections municipales, il n’est pas inutile de réfléchir sur les particularités, besoins et potentialités de notre ville de Rouen, dans l’objectif d’une amélioration de la vie quotidienne, ce notamment dans les domaines de l’emploi, des loisirs, du tourisme et de la gouvernance.

 

L’emploi est la première priorité d’une ville. Le chômage, c’est le mal-être, la pauvreté, les salaires tirés vers le bas, les surcoûts sociaux, l’appauvrissement et l’endettement de la ville, l’insécurité et les votes extrémistes. L’emploi, au contraire, c’est la dignité, le confort de vie, les salaires tirés vers le haut, l’équilibre des comptes, la prospérité de la ville, la paix civile, la tolérance et la démocratie. On sait que l’emploi, créé par l’entreprise privée, est un mécanisme économique qui échappe en grande partie au pouvoir du politique. Le politique peut-il pour autant favoriser l’emploi au niveau d’une ville, d’une agglomération ? Si oui, de quelle façon ?

L’emploi, tout d’abord, c’est l’entreprise. Sans entreprise, pas d’emploi. Pour faire venir les entreprises dans notre agglomération, il n’y a pas d’autre secret que de leur proposer des conditions d’implantations concurrentielles (locaux mis à disposition ou à loyers modérés, allègements d’imposition, etc…). Ces engagements impliquent bien sûr des choix budgétaires en amont, qui seront permis par une gestion rigoureuse des dépenses publiques (et notamment des frais de fonctionnement des collectivités publiques). Maîtrisons nos dépenses sans réduire l’impôt, et consacrons l’économie réalisée à l’implantation de nouvelles entreprises.

Au-delà de cette politique d’incitation à l’implantation, n’attendons pas que les entreprises viennent à nous ; comme à Vitré (35), allons les chercher activement, en France ou à l’étranger, et amenons-les chez nous !

Une autre clef de l’emploi est l’adéquation du système de formation aux besoins des entreprises. N’obligeons pas les entreprises à s’adapter à nos diplômés (ce qui les dissuade de s’implanter) ; adaptons au contraire nos formations professionnelles aux besoins listés par les entreprises, pour un ticket gagnant-gagnant entre les entreprises et les demandeurs d’emploi !

Troisième clef : la recherche d’emploi ne doit pas être un labyrinthe dissuasif pour le chômeur. Toutes les institutions liées à l’emploi (Pôle Emploi, CIO, CCI, Chambre de l’Artisanat, etc…) doivent être réunies en un seul et même lieu pour raccourcir la distance entre deux emplois. De même, les agents de Pôle Emploi ne doivent attendre ni les chômeurs ni les employeurs mais aller au-devant d’eux et les solliciter de façon active. C’est là une question d’émulation collective, impulsée par le politique.

Ces aspects logistiques de la dynamisation de l’emploi ne se décident bien sûr pas au seul niveau de la commune mais de son agglomération. L’emploi à Rouen passe par une action volontariste de la CREA (dont Rouen, rappelons-le, est la ville centre).

Enfin, la fluidité de circulation des marchandises et des employés est un atout majeur dans la décision d’implantation d’une entreprise, particulièrement dans notre ville. La fermeture du Pont Mathilde et l’absence de rocade Est causent dans notre agglomération des dégâts économiques dont les effets en terme d’emplois non créés se feront sentir dans les années à venir. Le tracé de la rocade Est vient enfin d’être arrêté par le Préfet. Il faut à présent passer à la vitesse supérieure, en espérant également qu’une amélioration générale de la situation en France permette le déblocage des substantiels fonds nécessaires. Sans fluidité de circulation, pas d’implantation d’entreprises, et donc pas d'emplois.

Incitation financière et active à l’implantation des entreprises, adaptation du système de formation, synergie des institutions de l’emploi, fluidification des voies de communication : telles sont les clefs, dans notre ville, et par notre agglomération, de l’emploi, enjeu crucial du bien-être des habitants et de la prospérité de la ville.

 

La seconde priorité pour notre ville réside dans le loisir et le tourisme. Lorsqu’on travaille et qu’on a payé ses impôts, le bonheur est de pouvoir jouir de son temps libre en famille ou avec des amis. Le développement du tourisme de son côté permet l’apport de devises et la création de nouveaux emplois dans notre ville. Plusieurs pistes existent.

Avant-port de Paris et seconde ville du Royaume pendant des siècles, Rouen possède un patrimoine historique et industriel exceptionnel sur lequel elle dort. Laine, écriture sur parchemin, imprimerie, textile, industries diverses… ses sous-sols et greniers regorgent de témoins d’un passé riche, qui n’attendent que la création de musées pour les valoriser et attirer un public nombreux. Ce public venu de l’extérieur alimentera commerces, restauration, hôtellerie et emplois. Le CHS Expotec 103, idéalement situé sur le sentier touristique du Robec, est un exemple de ce riche potentiel à développer en un « musée vivant du patrimoine industriel ».

Les boucles de la Seine depuis Les Andelys jusqu’à Villequier sont un site naturel d’une beauté exceptionnelle, jalonné d’étapes patrimoniales et culturelles de première importance (Musée Victor Hugo, Caudebec-en-Caux, Abbaye de Saint-Wandrille, Abbaye de Jumièges (également pôle départemental des arts visuels), Duclair, Abbaye Saint-Georges de Boscherville, La Bouille, Rouen bien sûr, Elbeuf, Abbaye de Bonport, Pont-de-l’Arche, barrage et base de loisir de Léry-Poses, Côte des Deux Amants, Moulin d’Andé, Château-Gaillard…). Il ne manque, avec une collaboration intercommunale, départementale et régionale, qu’une piste cyclable reliant ces différentes étapes, que desservirait également un bateau « Seinobus » le week-end et en haute saison, de façon à permettre aux Rouennais et touristes mille combinaisons possibles de balades et randonnées au cœur de ces sites enchanteurs. Au-delà du bénéfice apporté aux habitants et aux touristes, la fréquentation des sites culturels et de leurs expositions serait optimisée, la restauration et l’hôtellerie se développeraient, des emplois privés seraient créés.

Oasis de calme et d’oxygène au cœur de l’agglomération, le Jardin des plantes est un lieu d’une grande beauté et doté d’un fort potentiel de loisir et de tourisme. Les manifestations « Graines de jardin » ou « Arts décoratifs » ne sont qu’un début. L’orangerie, vide en belle saison, peut recevoir des salons du livre, de peinture, d’antiquités, de botanique, d’animaux, de collections diverses… La maison normande, équipée du matériel traditionnel pour broyer et presser les pommes, n’attend qu’un (ou plusieurs) agriculteur(s) pour animer un événement automnal populaire autour de la pomme, de son jus et du cidre. Le kiosque attend les fanfares, orchestres et musiciens individuels – de préférence acoustiques. L’époustouflante collection de plus de cent fuchsias différents, dont le jardin peut s’enorgueillir, doit être ouverte au public et aux touristes. Des tables d’échecs et de go doivent être mises à disposition des visiteurs. Enfin, un petit restaurant avec terrasse, comme aux Jardins du Luxembourg, rencontrerait beaucoup de succès et ferait du jardin un lieu privilégié de rendez-vous et de convivialité. Des grands panneaux d’information comme à Sotteville-lès-Rouen indiqueraient aux habitants et touristes le programme des animations du mois. Les associations culturelles environnantes (A Capriccio, Amis de l’Orgue St Clément, etc.) seraient également bénéficiaires de cette dynamisation du lieu et de l’affluence de visiteurs. Ces projets peuvent être mis en place à moindre coût, en se basant sur le partenariat et l’implication d’associations culturelles, nombreuses à Rouen. C’est, plus que de budget, une question de volonté, d’organisation et d’information.

La salle de spectacle Duchamp-Villon, idéale pour l’accueil des concerts acoustiques et chanteurs « à texte », est fermée depuis 2001 pour travaux. Sa programmation a été transférée au Hangar 23. Le Zénith accueille les grosses productions onéreuses pour le spectateur, et le Hangar 106 est dédié aux décibels. Rouen n’a plus les moyens d’accueillir des chanteurs auteurs compositeurs et concerts acoustiques. La salle Sainte-Croix des Pelletiers ou l’amphithéâtre des Deux-Rives (d’une acoustique exceptionnelle) seraient pourtant des lieux adaptés à ce type de programmation, ainsi qu’à la musique de chambre et au quatuor (en marge ou en extension de l’opéra). Il ne s’agit pas de créer de nouvelles structures mais de mieux exploiter les potentialités existantes.

Au 18ème siècle, le médecin rouennais Lépecq de la Cloture disait de Rouen : « Son enceinte est triste, étouffée par le peu de largeur de ses rues (…), trop peu ouvertes, par la hauteur relative et trop considérable de ses maisons, qui semblent être amoncelées si près les unes des autres que dans plusieurs endroits, elles se retirent mutuellement l’aspect du soleil, la lumière et l’air. Les places n’y sont ni assez multipliées, ni assez étendues. » Cette caractéristique de la ville de Rouen est produite par la présence immédiate de collines dès l’extérieur des remparts, difficilement constructibles. Dans la 2ème moitié du 20ème siècle, comme par « peur du vide », plusieurs occasions ont été ratées d’oxygéner Rouen (Place du Vieux Marché, Palais des Congrès, Espace du Palais, Immeuble EDF Place de la Pucelle…). Il est aujourd’hui essentiel, pour un mieux-vivre à Rouen, de ne pas reconstruire les espaces libérés intra-muros. Le PLU ayant par ailleurs un sens au niveau de l’agglomération plutôt que de celui de la commune, de l’espace libéré intra-muros peut être offert – aux habitants ou aux entreprises – en périphérie d’agglomération. Cette aération de l’espace intra-muros ne se fera pas en un jour, mais sa programmation doit être enclenchée aujourd’hui.

 

Troisième volet, la politique d’une ville ne se résume pas seulement à un programme ou un contenu mais également à sa gouvernance.

La première des priorités en la matière est de résoudre les différends avec le personnel municipal en général et celui des cantines scolaires en particulier, avec dialogue, ouverture et fermeté, de façon à faire cesser les grèves à répétitions, plus pénibles encore pour les parents qu’une grève d’enseignants (car il faut alors récupérer l’élève à 11h30 et le remettre ensuite à l’école à 13h, ce qui est une gageure lorsque les deux parents travaillent). Les services de cantine scolaire d’une ville ne doivent pas être régulièrement en grève ; ceci n'est pas une situation normale.

Second point, la ville est riche d’associations, qu’il suffit parfois simplement de mettre en connexion pour créer des événements nouveaux – dans le domaine du sport, de la culture ou du social. Il serait donc bénéfique de mettre en connexion permanente les présidents d’association de chaque secteur. L’établissement et l’animation de boucles e-mail par le maire adjoint du secteur concerné pourrait être un moyen de cette mise en connexion, qui dynamiserait la création et la pérennisation d’événements dans notre ville.

Un maire adjoint doit bien sûr être accessible chaque jour à son bureau et ne pas cumuler d’autres fonctions à plein temps, mais il doit également venir au-devant des habitants de façon régulière, en venant par exemple se mettre à leur écoute une fois par mois dans un lieu public.

Enfin, seule agglomération de France dont le président n’est pas le maire de la ville centre, Rouen – et avec elle « Rouen-Créa » (et non plus « Créa-tout-court ») – gagnera en force et en cohérence par la réunion de ces deux fonctions, ce de façon particulièrement cruciale sur le front de l’emploi.

 

Emploi, loisirs, tourisme et gouvernance : toujours avant-port de Paris et important lieu de transit de marchandises, Rouen est dotée d’un capital historique et touristique qui peuvent faire d’elle un centre économique de premier ordre dans les décennies à venir avec un taux d’emploi corrigé à la hausse, pourvu qu’on mette sur les rails aujourd’hui les projets qui fructifieront demain. Rouen ne mérite pas seulement une gestion saine, mais également une vision d’avenir pour nos enfants.

Rouen travailleuse, Rouen riche, Rouen rayonnante !

 Chr. Chomant, le 20-06-2013

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4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 13:27

Le chômage est la cause originelle de tous les autres fléaux – mal-être, pauvreté, salaires tirés vers le bas, augmentation des dépenses sociales, aggravation de la dette publique, récession, montée des extrêmes… Mais le chômage est-il une fatalité ?

À Vitré (35), par-delà les périodes de croissance ou de récession, le taux de chômage est inférieur de deux fois à celui de la France. Quelles sont les raisons de ce petit miracle ? Les élus politiques en place se battent corps et âme pour le développement de l’emploi. De quelle façon ? Par un faisceau coordonné d’actions :

- Vitré propose aux entreprises qui viennent s’installer des locaux professionnels à prix imbattables, allant même parfois jusqu’à financer ces locaux ;

- Tous les acteurs du monde du travail – Pôle Emploi, CIO, CCI, Chambre d’Agriculture, Chambre de Métiers et de l’Artisanat, Service Insertion, etc… – sont rassemblés en un seul lieu – la « Maison de l’Emploi, de l’Entreprise et de la Formation » – et travaillent en synergie pour que tout chômeur le reste le moins longtemps possible ;

- Les formations professionnelles mises en place sont adaptées aux besoins exprimés par les entreprises ;

- Les élus se déplacent ici et là en France pour aller solliciter les entrepreneurs en quête d’implantation ;

- Les agents de Pôle Emploi démarchent les entreprises et les chômeurs de façon active ;

- Pour financer ces programmes d’incitation à l’implantation, les dépenses publiques sont réduites au minimum. Les élus n’ont par exemple pas de voiture de fonction, et les indemnités de vice-présidents de communauté d’agglomération sont plafonnées à 660 € mensuels.

Ces actions coordonnées font qu’un chômeur n’attend jamais plus de dix minutes à l’accueil de Pôle Emploi, qu’il retrouve rapidement un poste correspondant à ses compétences et que le taux de chômage de Vitré est de moitié celui du national.

Le chômage n’est donc pas une fatalité. Il ne l’est que pour ceux qui le considèrent comme tel. Partout en France, les élus peuvent se battre pour décloisonner et coordonner les institutions du travail, adapter les formations aux besoins des entreprises, gérer les dépenses publiques pour favoriser les implantations et aller chercher les entreprises par la main. Il ne suffit que de volonté. C’est ce qu’on appelle d'ailleurs la « politique ».

Chr. Chomant, le 04-06-2013

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