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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 12:12

À l’approche des élections municipales, il n’est pas inutile de réfléchir sur les particularités, besoins et potentialités de notre ville de Rouen, dans l’objectif d’une amélioration de la vie quotidienne, ce notamment dans les domaines de l’emploi, des loisirs, du tourisme et de la gouvernance.

 

L’emploi est la première priorité d’une ville. Le chômage, c’est le mal-être, la pauvreté, les salaires tirés vers le bas, les surcoûts sociaux, l’appauvrissement et l’endettement de la ville, l’insécurité et les votes extrémistes. L’emploi, au contraire, c’est la dignité, le confort de vie, les salaires tirés vers le haut, l’équilibre des comptes, la prospérité de la ville, la paix civile, la tolérance et la démocratie. On sait que l’emploi, créé par l’entreprise privée, est un mécanisme économique qui échappe en grande partie au pouvoir du politique. Le politique peut-il pour autant favoriser l’emploi au niveau d’une ville, d’une agglomération ? Si oui, de quelle façon ?

L’emploi, tout d’abord, c’est l’entreprise. Sans entreprise, pas d’emploi. Pour faire venir les entreprises dans notre agglomération, il n’y a pas d’autre secret que de leur proposer des conditions d’implantations concurrentielles (locaux mis à disposition ou à loyers modérés, allègements d’imposition, etc…). Ces engagements impliquent bien sûr des choix budgétaires en amont, qui seront permis par une gestion rigoureuse des dépenses publiques (et notamment des frais de fonctionnement des collectivités publiques). Maîtrisons nos dépenses sans réduire l’impôt, et consacrons l’économie réalisée à l’implantation de nouvelles entreprises.

Au-delà de cette politique d’incitation à l’implantation, n’attendons pas que les entreprises viennent à nous ; comme à Vitré (35), allons les chercher activement, en France ou à l’étranger, et amenons-les chez nous !

Une autre clef de l’emploi est l’adéquation du système de formation aux besoins des entreprises. N’obligeons pas les entreprises à s’adapter à nos diplômés (ce qui les dissuade de s’implanter) ; adaptons au contraire nos formations professionnelles aux besoins listés par les entreprises, pour un ticket gagnant-gagnant entre les entreprises et les demandeurs d’emploi !

Troisième clef : la recherche d’emploi ne doit pas être un labyrinthe dissuasif pour le chômeur. Toutes les institutions liées à l’emploi (Pôle Emploi, CIO, CCI, Chambre de l’Artisanat, etc…) doivent être réunies en un seul et même lieu pour raccourcir la distance entre deux emplois. De même, les agents de Pôle Emploi ne doivent attendre ni les chômeurs ni les employeurs mais aller au-devant d’eux et les solliciter de façon active. C’est là une question d’émulation collective, impulsée par le politique.

Ces aspects logistiques de la dynamisation de l’emploi ne se décident bien sûr pas au seul niveau de la commune mais de son agglomération. L’emploi à Rouen passe par une action volontariste de la CREA (dont Rouen, rappelons-le, est la ville centre).

Enfin, la fluidité de circulation des marchandises et des employés est un atout majeur dans la décision d’implantation d’une entreprise, particulièrement dans notre ville. La fermeture du Pont Mathilde et l’absence de rocade Est causent dans notre agglomération des dégâts économiques dont les effets en terme d’emplois non créés se feront sentir dans les années à venir. Le tracé de la rocade Est vient enfin d’être arrêté par le Préfet. Il faut à présent passer à la vitesse supérieure, en espérant également qu’une amélioration générale de la situation en France permette le déblocage des substantiels fonds nécessaires. Sans fluidité de circulation, pas d’implantation d’entreprises, et donc pas d'emplois.

Incitation financière et active à l’implantation des entreprises, adaptation du système de formation, synergie des institutions de l’emploi, fluidification des voies de communication : telles sont les clefs, dans notre ville, et par notre agglomération, de l’emploi, enjeu crucial du bien-être des habitants et de la prospérité de la ville.

 

La seconde priorité pour notre ville réside dans le loisir et le tourisme. Lorsqu’on travaille et qu’on a payé ses impôts, le bonheur est de pouvoir jouir de son temps libre en famille ou avec des amis. Le développement du tourisme de son côté permet l’apport de devises et la création de nouveaux emplois dans notre ville. Plusieurs pistes existent.

Avant-port de Paris et seconde ville du Royaume pendant des siècles, Rouen possède un patrimoine historique et industriel exceptionnel sur lequel elle dort. Laine, écriture sur parchemin, imprimerie, textile, industries diverses… ses sous-sols et greniers regorgent de témoins d’un passé riche, qui n’attendent que la création de musées pour les valoriser et attirer un public nombreux. Ce public venu de l’extérieur alimentera commerces, restauration, hôtellerie et emplois. Le CHS Expotec 103, idéalement situé sur le sentier touristique du Robec, est un exemple de ce riche potentiel à développer en un « musée vivant du patrimoine industriel ».

Les boucles de la Seine depuis Les Andelys jusqu’à Villequier sont un site naturel d’une beauté exceptionnelle, jalonné d’étapes patrimoniales et culturelles de première importance (Musée Victor Hugo, Caudebec-en-Caux, Abbaye de Saint-Wandrille, Abbaye de Jumièges (également pôle départemental des arts visuels), Duclair, Abbaye Saint-Georges de Boscherville, La Bouille, Rouen bien sûr, Elbeuf, Abbaye de Bonport, Pont-de-l’Arche, barrage et base de loisir de Léry-Poses, Côte des Deux Amants, Moulin d’Andé, Château-Gaillard…). Il ne manque, avec une collaboration intercommunale, départementale et régionale, qu’une piste cyclable reliant ces différentes étapes, que desservirait également un bateau « Seinobus » le week-end et en haute saison, de façon à permettre aux Rouennais et touristes mille combinaisons possibles de balades et randonnées au cœur de ces sites enchanteurs. Au-delà du bénéfice apporté aux habitants et aux touristes, la fréquentation des sites culturels et de leurs expositions serait optimisée, la restauration et l’hôtellerie se développeraient, des emplois privés seraient créés.

Oasis de calme et d’oxygène au cœur de l’agglomération, le Jardin des plantes est un lieu d’une grande beauté et doté d’un fort potentiel de loisir et de tourisme. Les manifestations « Graines de jardin » ou « Arts décoratifs » ne sont qu’un début. L’orangerie, vide en belle saison, peut recevoir des salons du livre, de peinture, d’antiquités, de botanique, d’animaux, de collections diverses… La maison normande, équipée du matériel traditionnel pour broyer et presser les pommes, n’attend qu’un (ou plusieurs) agriculteur(s) pour animer un événement automnal populaire autour de la pomme, de son jus et du cidre. Le kiosque attend les fanfares, orchestres et musiciens individuels – de préférence acoustiques. L’époustouflante collection de plus de cent fuchsias différents, dont le jardin peut s’enorgueillir, doit être ouverte au public et aux touristes. Des tables d’échecs et de go doivent être mises à disposition des visiteurs. Enfin, un petit restaurant avec terrasse, comme aux Jardins du Luxembourg, rencontrerait beaucoup de succès et ferait du jardin un lieu privilégié de rendez-vous et de convivialité. Des grands panneaux d’information comme à Sotteville-lès-Rouen indiqueraient aux habitants et touristes le programme des animations du mois. Les associations culturelles environnantes (A Capriccio, Amis de l’Orgue St Clément, etc.) seraient également bénéficiaires de cette dynamisation du lieu et de l’affluence de visiteurs. Ces projets peuvent être mis en place à moindre coût, en se basant sur le partenariat et l’implication d’associations culturelles, nombreuses à Rouen. C’est, plus que de budget, une question de volonté, d’organisation et d’information.

La salle de spectacle Duchamp-Villon, idéale pour l’accueil des concerts acoustiques et chanteurs « à texte », est fermée depuis 2001 pour travaux. Sa programmation a été transférée au Hangar 23. Le Zénith accueille les grosses productions onéreuses pour le spectateur, et le Hangar 106 est dédié aux décibels. Rouen n’a plus les moyens d’accueillir des chanteurs auteurs compositeurs et concerts acoustiques. La salle Sainte-Croix des Pelletiers ou l’amphithéâtre des Deux-Rives (d’une acoustique exceptionnelle) seraient pourtant des lieux adaptés à ce type de programmation, ainsi qu’à la musique de chambre et au quatuor (en marge ou en extension de l’opéra). Il ne s’agit pas de créer de nouvelles structures mais de mieux exploiter les potentialités existantes.

Au 18ème siècle, le médecin rouennais Lépecq de la Cloture disait de Rouen : « Son enceinte est triste, étouffée par le peu de largeur de ses rues (…), trop peu ouvertes, par la hauteur relative et trop considérable de ses maisons, qui semblent être amoncelées si près les unes des autres que dans plusieurs endroits, elles se retirent mutuellement l’aspect du soleil, la lumière et l’air. Les places n’y sont ni assez multipliées, ni assez étendues. » Cette caractéristique de la ville de Rouen est produite par la présence immédiate de collines dès l’extérieur des remparts, difficilement constructibles. Dans la 2ème moitié du 20ème siècle, comme par « peur du vide », plusieurs occasions ont été ratées d’oxygéner Rouen (Place du Vieux Marché, Palais des Congrès, Espace du Palais, Immeuble EDF Place de la Pucelle…). Il est aujourd’hui essentiel, pour un mieux-vivre à Rouen, de ne pas reconstruire les espaces libérés intra-muros. Le PLU ayant par ailleurs un sens au niveau de l’agglomération plutôt que de celui de la commune, de l’espace libéré intra-muros peut être offert – aux habitants ou aux entreprises – en périphérie d’agglomération. Cette aération de l’espace intra-muros ne se fera pas en un jour, mais sa programmation doit être enclenchée aujourd’hui.

 

Troisième volet, la politique d’une ville ne se résume pas seulement à un programme ou un contenu mais également à sa gouvernance.

La première des priorités en la matière est de résoudre les différends avec le personnel municipal en général et celui des cantines scolaires en particulier, avec dialogue, ouverture et fermeté, de façon à faire cesser les grèves à répétitions, plus pénibles encore pour les parents qu’une grève d’enseignants (car il faut alors récupérer l’élève à 11h30 et le remettre ensuite à l’école à 13h, ce qui est une gageure lorsque les deux parents travaillent). Les services de cantine scolaire d’une ville ne doivent pas être régulièrement en grève ; ceci n'est pas une situation normale.

Second point, la ville est riche d’associations, qu’il suffit parfois simplement de mettre en connexion pour créer des événements nouveaux – dans le domaine du sport, de la culture ou du social. Il serait donc bénéfique de mettre en connexion permanente les présidents d’association de chaque secteur. L’établissement et l’animation de boucles e-mail par le maire adjoint du secteur concerné pourrait être un moyen de cette mise en connexion, qui dynamiserait la création et la pérennisation d’événements dans notre ville.

Un maire adjoint doit bien sûr être accessible chaque jour à son bureau et ne pas cumuler d’autres fonctions à plein temps, mais il doit également venir au-devant des habitants de façon régulière, en venant par exemple se mettre à leur écoute une fois par mois dans un lieu public.

Enfin, seule agglomération de France dont le président n’est pas le maire de la ville centre, Rouen – et avec elle « Rouen-Créa » (et non plus « Créa-tout-court ») – gagnera en force et en cohérence par la réunion de ces deux fonctions, ce de façon particulièrement cruciale sur le front de l’emploi.

 

Emploi, loisirs, tourisme et gouvernance : toujours avant-port de Paris et important lieu de transit de marchandises, Rouen est dotée d’un capital historique et touristique qui peuvent faire d’elle un centre économique de premier ordre dans les décennies à venir avec un taux d’emploi corrigé à la hausse, pourvu qu’on mette sur les rails aujourd’hui les projets qui fructifieront demain. Rouen ne mérite pas seulement une gestion saine, mais également une vision d’avenir pour nos enfants.

Rouen travailleuse, Rouen riche, Rouen rayonnante !

 Chr. Chomant, le 20-06-2013

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commentaires

A
Bonjour,

de passage...Je ne suis pas de gauche, plutôt d'inspiration de centre-droit, voire gaulliste. Je me reconnais dans certaines valeurs de la gauche (éducation, solidarité, droit à la réussite pour
tous, refus du racisme) comme dans certaines dites "à priori de droite" (culte du travail, libéralisme sans être un 'ultra') et je tenais à vous encourager pour la poursuite de votre blog.

cordialement.
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