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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 12:45

Le chômage en France bat le nouveau record de 3.224.000 demandeurs d’emploi ce mois d’avril 2013. La cote de confiance d'un Président de la République n’a jamais été aussi basse : 25 %. L’extrême droite, à l’inverse, caracole dans les sondages.

Pourquoi le chômage explose-t-il ? Pourquoi la cote de François Hollande est-elle aussi basse ? Pourquoi le FN a-t-il malheureusement le vent en poupe ?

Il faut commencer par comprendre que ce ne sont ni l’État ni les collectivités territoriales qui créent les vrais emplois productifs et durables. Pourquoi ? Parce que l’argent public provient des entreprises, via les taxes directes, les salaires et la TVA. Sans entreprise et sans emploi privé, il n’existe pas d’argent public, donc pas de fonctionnaire. La collectivité utilise et dépense les richesses sans les créer.

Qui crée les vrais emplois productif et durables ? Les entreprises privées, et notamment les plus petites car elles sont de loin les plus nombreuses.

Si on veut créer de l’emploi en France, il faut donc rompre avec le dogme communiste « anti-patron » (autrement dit anti-employeur), cesser de considérer les entreprises comme les vaches à lait du train de vie français et inciter les chefs d’entreprise à embaucher. Comment ? En allégeant les charges sociales (ce qui implique de maîtriser les dépenses publiques) et en dé-rigidifiant le Code du travail (essentiellement par une dédramatisation et une généralisation de la rupture conventionnelle de CDI). L’arme contre le chômage, c’est l’entreprise.

En conséquence, il va de soi que le fait de flirter avec un discours anti-patron pendant la campagne électorale ne peut déboucher aujourd’hui que sur une aigreur et une incompréhension de la part des électeurs de gauche. Ce hiatus entre un discours électoral anti-patron et la réalité économique explique à la fois l’aggravation du chômage, la chute de cote de F. Hollande et le succès du FN, récupérateur de mécontents.

Aujourd’hui plus que jamais en cette période de crise, il importe de tenir le langage de la vérité en matière d’économie, d’entreprise et d’emploi. Ce n’est pas l’option la plus facile, certes, mais c’est certainement la plus courageuse et la moins nocive à long terme. Car le jour où les électeurs n’auront plus le choix qu’entre Mélanchon et Le Pen au deuxième tour sera un jour funeste pour notre pays.

Ce discours de vérité impose au PS de s’affranchir clairement du dogme communiste du « méchant-patron » : non, le « patron » – c’est-à-dire le chef d’entreprise ou l’employeur privé – n’est pas un méchant millionnaire égoïste et profiteur qui spécule dans la finance ; c’est un homme ou une femme qui travaille quatre-vingts heures par semaine pour créer des produits, des richesses et de l’emploi au bénéfice de tous.

Il est grand temps, à gauche, de respecter et valoriser le créateur et directeur d’entreprise, qui détient la clef de l’emploi et de la croissance, en faisant le distingo entre le bon grain de l’entrepreneur et l’ivraie du rentier spéculateur – ce qui, malgré certaines images d’Épinal ayant la vie dure, n’a strictement rien à voir et ne concerne pas les mêmes personnes.

Cette avancée idéologique nécessaire du PS est un point central de son aggiornamento social-démocrate à venir.

 

Chr. Chomant, 29-04-2013

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