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4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 14:53

Lorsqu’une personne adhère au PS, elle reçoit un e-mail du Secrétaire Général du parti Harlem Désir lui expliquant qu’adhérer au PS, c’est faire le choix d’être partisan dans une société où la droite tente de nous imposer ses valeurs : l’individualisme, le libéralisme et la loi du plus fort.

On se rend compte alors à quel point le PS français est en décalage par rapport à l’aggiornamento social-démocrate opéré par ses homologues européens. On comprend comment il a pu mener sa campagne présidentielle en flattant les doctrines d’extrême gauche, comme l’hostilité aux entrepreneurs et à l’économie de marché – discours qui le met évidemment aujourd’hui en difficulté par rapport à l’aile gauche de son électorat.

Harlem Désir assimile le « libéralisme » à la « droite », faisant fi des valeurs plus profondes qui la caractérisent - comme l’ordre, la nation, la tradition ou la chrétienté. Se souvient-il que les libéraux furent d’abord positionnés à gauche, avant d’être classés et repoussés « à droite » par les marxistes ?

Mais que signifie ce gros mot, « libéralisme », au fait ?

Le « libéralisme », est-ce la liberté de croyance et d’opinion conquise par les philosophes des Lumières au 18ème siècle, qui a contribué à fonder la république ? Si oui, alors « Vive le libéralisme ! », contre l’Ancien Régime et le totalitarisme.

Le « libéralisme », est-ce la liberté pour chaque citoyen de créer une entreprise, des emplois, des biens et des richesses ? Est-ce l’économie de marché productive ? Si oui, alors « Vive le libéralisme ! » Contre l’économie dirigée des ex-pays socialistes, qui a conduit à la pénurie et à la paupérisation des travailleurs. Oui, l’économie de marché productive, ou « libérale », crée des emplois, des richesses, des innovations techniques, du progrès, des salaires… donc aussi des recettes publiques et les moyens financiers de mener des politiques éducatives, sociales et culturelles dignes de ce nom. À défaut, c’est le déficit, l’endettement et l’impuissance politique. Les socio-démocrates occidentaux ont intégré ces évidences. Pas encore les socialistes français.

Le « libéralisme », encore, est-ce la liberté de vendre et d’échanger dans le monde entier ? Si oui, alors « Vive le libéralisme ! » Pour l’enrichissement de tous les peuples, dans des échanges gagnant-gagnant – car on sait que tout échange enrichit les deux parties. Contre le protectionnisme et le repli sur soi des extrémismes de gauche et de droite !

Le « libéralisme », enfin, se réduit-il à la caricature d’un laxisme financier qui a permis à des spéculateurs de gagner des millions en quelques secondes, sans travailler ni produire, créer des bulles spéculatives, générer des cracks boursiers, ruiner des économies nationales, asphyxier des entreprises et créer du chômage ? Si tel est le cas, en effet, qui, à gauche comme à droite, pourrait dire « Vive le libéralisme » ? Mais le libéralisme se réduit-il à ce type de dérive ? Non, le « libéralisme » économique, qui s’oppose à l’économie d’État communiste, c’est la liberté pour chacun de créer une entreprise et des emplois, non pas de s’adonner à la spéculation financière.

Le Front de Gauche assimile d'ailleurs souvent les entrepreneurs au monde de la finance et de la spéculation, ce qui n’a aucun rapport et révèle son ignorance en matière économique. Le PS doit-il donc répéter bêtement les inanités économiques du Front de Gauche et du guignolo-démagogue Mélanchon ? Ne doit-il pas se montrer plus intelligent et responsable ?

Quoiqu’il en soit, Harlem Désir commet deux erreurs :

- Il caricature et diabolise le « libéralisme », qui n’est pourtant rien d’autre que l’économie de marché ;

- Il assimile le libéralisme à la droite, qui se caractérise pourtant par bien d’autres valeurs.

Il est temps que le PS, à l’instar de ses homologues européens, reconnaisse clairement les bienfaits de l’économie de marché productive pour les travailleurs, rompe avec l’idéologie étatiste des communistes, cesse de caricaturer et diaboliser le « libéralisme », et relance croissance et emploi par une valorisation et une oxygénation des entreprises et des entrepreneurs ! Ce n’est même pas une question d’être de « gauche » ou de « droite » ; c’est tout simplement que nul ne connaît d’autre façon de créer de l’emploi.

Christophe Chomant,

le 04-04-2013

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